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Les accouchées de la Miséricorde

Dans les annales, les accouchées de la Miséricorde sont désignées sous différentes appellations : pauvres infortunées, brebis infidèles, victimes d'un monde corrupteur, nouvelles épaves, malades, patientes, pénitentes, convalescentes, victimes du Tricentenaire, pauvres âmes déchues, pauvres désolées, coeurs blessés et flétris, âmes qui nous sont chères, chères brebis.

Âgées de 15 à 42 ans, plusieurs sont servantes de maison. Elles viennent autant de la ville que de la campagne et leurs origines sont diverses : canadienne-française, irlandaise, française, anglaise, écossaise, russe, belge, etc.

Le souci de la discrétion étant omniprésent, très rarement a-t-on le prénom des femmes et jamais leur patronyme. Pour préserver le secret de leur condition, elles arrivent souvent au cours de la nuit : "Notre Soeur Supérieure et sa compagne sont souvent dérangées pendant la nuit, par l'arrivée de nouvelles brebis qui choisissent ce temps plus discret pour leur entrée à notre refuge." (Annales de l'Hospice de la Miséricorde, 4 janvier 1917)

Il y a deux catégories de patientes : celles qui peuvent payer (malades privées) et les autres, qui sont admises sans frais : "Beaucoup de pauvres filles sont reçues à la Salle (sic) gratuitement." (Annales de l'Hospice de la Miséricorde, 7 mai 1921)

Les annales mentionnent qu'il y a une salle des patientes et une salle des convalescentes, ce qui laisse supposer que les patientes passent plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans l'établissement.

On les occupe avec des travaux de couture et de tricot. En 1920, la compagnie Richard & cie, "qui s'occupe de mica", offre du travail : "Maintenant, la tâche de chaque jour est fixée : les moins habiles en couture effeuillent le mica sans perdre de temps, les autres cousent sous la direction de Sr M.-de-St-Jules." (Annales de l'Hospice de la Miséricorde, 15 septembre 1920)

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Des dames pensionnaires

Fait surprenant : dès les premières années de l'Hospice, des dames prennent pension dans des chambres de l'établissement. Les montants qu'elles déboursent pour leur hébergement vont s'avérer une source de revenus importante pour l'oeuvre.

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Copie des Annales de l'Hospice de la Miséricorde
Vers 1990
Québec (Québec), Canada


Crédits:
Archives Bon-Pasteur

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Les soeurs de l'Hospice

Quatorze supérieures vont diriger l'Hospice de 1874 à 1929. Une de celles-ci, soeur Sainte-Antoinette, est restée en poste pendant treize ans.

Selon la coutume du temps qui veut que ce soit la supérieure générale qui rédige un résumé de la vie d'une soeur, Mère Marie-de-Saint-Eugène décrit ainsi le passage de soeur Sainte-Antoinette à la Miséricorde : "Avec quelle sollicitude et quelle charité, elle veillait sur ces pauvres âmes égarées. Les plus misérables, les non équilibrées, les sans-argent avaient la meilleure part de son coeur. [...] Que c'était touchant de la voir, la nuit, ouvrir la porte à une de ses malheureuses, le sourire aux lèvres, et sa belle parole habituelle 'Venez, mon enfant'."

Une maîtresse de salle est restée dans la mémoire de l'Hospice, "Soeur l'Ange-Gardien", comme l'appelaient affectueusement les autres religieuses. Dans sa notice biographique rédigée par Mère Marie-du-Carmel, supérieure générale, on peut lire : "Avec l'année 1877, soeur Marie-de-l'Ange-Gardien - digne émule de Mademoiselle Métivier - commence un apostolat qui lui compte, en deux termes, trente années les plus humbles, les plus obscures, mais les plus glorieuses aux yeux de Celui qui chérit nos secrets renoncements [...] Jamais bergère plus attentive, plus vigilante, plus dévouée pour les brebis [...] et sur le malheur desquelles une vraie mère ne sut jeter voile plus discret."

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Soeur Sainte-Antoinette (Desneiges Catellier, 1851-1924), supérieure de l'Hospice de 1901 à 1914
s.d.
Québec (Québec), Canada


Crédits:
Archives Bon-Pasteur

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Soeur Marie-de-l'Ange-Gardien (Mary Ann Temple, 1846[?]-1917)
s.d.
Québec (Québec), Canada


Crédits:
Archives Bon-Pasteur

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Le soin des patientes

Les religieuses qui veillent dans le quotidien sur la santé physique et morale des femmes sont assistées de garde-malades et d'infirmières laïques.

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Garde Simard, née Hermance Bouchard
Vers 1943
Québec (Québec), Canada
ATTACHEMENT DE TEXTE


Crédits:
Archives Bon-Pasteur

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Les prêtres au service de l'oeuvre de la Miséricorde

Pour soutenir les soeurs et conseiller les patientes, la Maison de Béthanie peut compter sur la présence de prêtres agissant comme aumôniers, chapelains, conseillers, confesseurs et prédicateurs de retraite. Ils assurent les services du culte : messes quotidiennes, confessions, baptêmes, saluts du Saint Sacrement, etc.

Alors qu'ils usent de leur influence pour le bien de l'oeuvre, beaucoup d'entre eux font des dons en argent.

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Portrait de monsieur le Grand Vicaire Cyrille-Étienne Légaré (1832-1890)
1889
Québec (Québec), Canada
ATTACHEMENT DE TEXTE


Crédits:
Soeur Saint-Jean-Berchmans (Célina Fréchette,1853-1942)
Musée Bon-Pasteur

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Les bienfaiteurs et bienfaitrices de l'oeuvre de la Miséricorde

Pour assurer sa survie, l'Hospice peut compter sur des sources de revenus diverses : contributions ponctuelles, legs testamentaires, rentes, dons annuels, dont ceux de La Caisse d'économie de Notre-Dame de Québec (institution fondée en 1848). De plus, des dames patronnesses organisent bazars et concerts.

Des épiciers, des commerçants, des bouchers, des cultivateurs et de "bons amis des marchés publics" donnent avec générosité des produits alimentaires. De nombreuses personnes offrent leurs services professionnels gratuitement : médecins, notaires, ouvriers, chauffeurs, etc. Enfin, voisins, voisines, amis, amies, anciennes élèves ainsi que parents des soeurs contribuent d'une manière importante au développement de l'oeuvre de la Miséricorde.

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Exemple de tableaux réalisés pour rendre hommage à des bienfaiteurs et bienfaitrices de l'oeuvre.
s.d.
Québec (Québec), Canada


Crédits:
Musée Bon-Pasteur

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L'Hospice de la Miséricorde déménage en 1929 dans le quartier Montcalm

Établie depuis plus de 55 ans sur la rue Couillard, l'oeuvre déménage sur le chemin Sainte-Foy dans le quartier Montcalm.

L'Hospice de la Miséricorde, que certains nomment "maison de mystère", aura alors permis à près de 9 000 femmes de "faire leurs couches" dans un milieu protégé.

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Statistiques des accouchements à l'Hôpital de la Miséricorde entre 1874-1899
1972
Québec (Québec), Canada


Crédits:
Archives Bon-Pasteur