Quand un artiste se fait semencier
Une figure, embrassant à la fois le rôle d’artiste et de jardinier-maraîcher fait l’actualité dans la Côte-du-Sud. C’est Patrice Fortier. Artiste, il fait ses premières armes dans le East Village à NY des années 1980 où il découvre l’effervescence des jardins spontanés qui combinent vision artistique et autonomie alimentaire.
Pendant ses études supérieures en arts plastiques et en impression textile, il devient jardinier lui-même et quitte le milieu urbain pour étudier l’agriculture maraîchère, s’enracinant dans le Kamouraska, où naît le projet de « La Société des Plantes » en 2001.
Profitez de l’entrevue vidéo, avec sa transcription complète.
Sa pratique de l’art est intimement liée aux activités de son entreprise. La réanimation d’un patrimoine végétal en voie de disparition, la sélection génétique des plantes et l’intendance du paysage inspirent des œuvres qui s’intègrent à la pratique agricole et en deviennent parfois indissociables. C’est ainsi que d’artiste à semencier-maraîcher, la tradition artisanale se poursuit sans se rompre, en liant botanique et esthétique.
Avec l’intérêt amorcé dans les années 1990 pour l’écologie et les pratiques durables en agriculture maraîchère, plusieurs semenciers cultivent les semences acclimatées. Les variétés ancestrales font la gloire de nos restaurateurs, producteurs et des amateurs du patrimoine alimentaire d’ici. La diversité alimentaire et la biodiversité d’antan nous donnent l’impression, comme écrivait Charles Baudelaire, de « manger des souvenirs ».





