Du potage aux légumes à la soupe à la bourrache
Botanistes et semenciers, de l’art au métier
Septembre, les récoltes de semences sont à leur paroxysme et les fructifications de toutes sortes abondent. Marie et Guillaume savourent leur jardin luxuriant qui leur procure tous les ingrédients d’un repas éclatant de saveurs. Prosciutto de tomate, rouleaux d’aubergine farcis à la géorgienne, tarte aux poires à l’agastache. Des plats réalisés avec la formule « de la semence à l’assiette » qu’offre Patrice Fortier, semencier à Kamouraska.
Profitez de l’entrevue vidéo, avec sa transcription complète.
Le métier de semencier ou de « grainetier » est relativement récent. De John Wright en 1766 à Patrice Fortier en 2024, suivons le chemin parcouru par ces innovateurs.
Le premier semencier au Bas-Canada ?
John Wright est l’un des tout premiers collectionneurs et marchands de semences de variétés « exotiques », ou avérées indigènes au Québec. On retrouve des traces de son activité de jardinier officiel auprès du Gouverneur James Murray. Wright aurait été le premier, dès 1766, à favoriser l’activité de consigner, cataloguer, échanger et vendre des semences dites « canadiennes ».
Au XIXe siècle, de nombreux semenciers s’annoncent dans la Gazette de Québec ou La Minerve à Montréal. Les maraîchers de la région de Kamouraska publient dans La Gazette des Campagnes mais la population fréquente surtout le pépiniériste Auguste Dupuis au village de Saint-Roch-des-Aulnaies.
L’agronomie moderne prend son essor grâce aux écoles d’Agriculture, notamment celle de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Entrent en scène Maurice Couture et Lucien Dubé, qui collectionnent des semences présentées dans l’Herbier de Sainte-Anne-de-la-Pocatière connu maintenant comme l’Herbier Campagna-Dubé.
De 1945 à 1950, Lucien Dubé exploite une entreprise de production de graines de plantes potagères et de fleurs, produits importés que la guerre avait rendus rares. Il offrait aussi depuis sa fermette et pinède plusieurs variétés d’arbres à fruits et à noix.





