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Des histoires de pêche

Photo sépia (vers 1910) : deux femmes assises sur un rocher au bord de l’eau. Arrière-plan : rive (herbe, arbres, bâtiments). Premier plan : une partie d’embarcation (photo prise à bord d’un bateau). Scène côtière/riveraine.

Femmes qui pêchent vers 1910.

 

Jos-Phydime Michaud, cultivateur de Kamouraska, raconte une pêche impressionnante réalisée dans les fascines de Flavius Ouellet :

J’avais douze ans lorsque j’ai vu la plus grosse mouvée de harengs. Le demi-cercle de la pêche contenait douze pieds de poisson. Lorsqu’on a ouvert le panneau, le premier tombereau s’est empli tout seul. Il devait bien avoir une cinquantaine de voitures qui se sont remplies. Après la guerre de 1914, les grosses mouvées étaient plus rares.

Photo en noir et blanc (années 1910) : trois personnes dans une embarcation en eau calme près d’une côte rocheuse. Premier plan à droite : canot de bois (trois personnes rament, vêtements clairs). Gauche : autre canot. Arrière-plan : côte rocheuse accidentée, îles/terres lointaines horizon. Scène à Kamouraska.

En canot à Kamouraska dans le courant des années 1910.

Selon Maurice Ouellet, à partir des années 1960, les grosses captures de harengs deviennent rares. La pêche à fascines de l’Île aux Patins capturait de l’esturgeon, de l’anguille, de la sardine, de l’éperlan, de l’alose et du bar rayé (avant sa disparition autour de 1954).

Jos-Phydime Michaud relate que :

Dans la pêche du boss Ouellet, il pouvait y avoir une dizaine d’esturgeons lorsque la mer était basse. Il pouvait les garder une vingtaine de jours en leur jetant un seau de tête de harengs et de foies. Ouellet vendait pas mal d’esturgeons dans les hôtels de la région. Tout le monde était obligé de faire maigre le vendredi. Alors, à tous les jeudis, il coupait un esturgeon en gros morceaux qu’il mettait dans la voiture avec une bonne brassée de varech par-dessus pour ne pas que le soleil ne les plombe. Il ne ramassait pas les œufs des esturgeons, sauf dans les années trente où les Américains lui en avaient demandé. Il leur en avait vendu un plein seau. Ça avait bon goût.

Photo en noir et blanc du dépeçage d’un esturgeon par deux hommes. Centre : un homme avec un outil travaillant sur le poisson allongé. Gauche : un homme regarde l’objectif. Droite : enfant près d’une charrette en bois. Extérieur, bâtiment et seau de métal en premier plan à droite.

Dépeçage d’un esturgeon à Kamouraska.

 

Photo en noir et blanc (24 juin 1954) : Flavius Ouellet debout près d’un très grand esturgeon suspendu verticalement (160 kg). Flavius Ouellet est à droite du poisson. Arrière-plan : extérieur près d’une structure en bois.

Maurice Ouellet et sa capture.

Flavius Ouellet raconte l’anecdote d’un énorme esturgeon qu’il a vendu au ministère provincial de la Pêche en 1914 :

J’ai pris un esturgeon de 400 livres, qui mesurait onze pieds de la tête à la queue, donc qui était plus grand que mon tombereau. Il était rempli d’œufs; mais, comme à cette époque nous ne connaissions pas le marché du caviar, il n’a été pour nous d ’aucune utilité.

 

Profitez de l’entrevue vidéo, avec sa transcription complète.