De la semence à l’assiette
Produit par le Musée de la mémoire vivante.
Au départ, La Société des Plantes, c’est un projet d’exploration des possibilités régionales. Je trouvais que c’était quelque chose que je peux apporter aussi à ma région, c’est de développer des cultures, voir qu’est-ce qu’on pouvait faire pousser dans le Bas-Saint-Laurent qui pouvait porter fruit, donner des bons résultats et que les gens ne faisaient pas pousser encore. La mission première, la sauvegarde et le développement d’une génétique adaptée régionalement, donc produire des semences qui sont bien adaptées parce qu’elles ont été sélectionnées, génération après génération, dans un climat qui est le nôtre. Et il y a un autre volet de La Société des Plantes qui est le volet qui renoue avec mon passé artistique. C’est-à-dire, c’est un volet qui est purement culturel. Donc tout l’aspect esthétique qui se retrouve sur les sachets de semences.
Je crois que c’est un métier maintenant qui est en train de reprendre sa place. Mais c’est pas un métier qui a historiquement eu beaucoup de place. Il y en avait un dans la région ici, Lucien Dubé, dans les années 40. Mais c’est un oiseau rare. Donc je crois que la, il y avait de la récolte de semences au niveau familial, tu sais, chacun pour soi en faisait. C’est facile avec des laitues, avec des tomates, mais au niveau des semences achetées, c’était probablement au magasin général, puis ça venait de plus gros, de plateformes de distribution. Donc il n’y avait pas tant de commerces, de petits commerces artisanaux organisés avec un catalogue régional.
En fait, c’est très drôle parce que je renoue beaucoup avec mes arrière-grands-parents en ce moment. Donc, mais parce que j’ai développé un volet agrotouristique il y a quelques années, puis je, donc les gens viennent ici pour apprendre et manger, donc il y a une expérience repas autour d’un savoir-faire que je partage avec eux. Et j’ai su, après avoir démarré La Société des Plantes, que mes arrière-grands-parents faisaient ça dans les îles de Sorel. Eux, c’était autour de la chasse aux canards et de la pêche. Donc les gens de la ville venaient pour la fin de semaine, puis ils les amenaient pêcher, chasser le canard. Les gens mangeaient sur place. Et puis donc c’était une forme d’agrotourisme du début du 20e siècle. Et donc je me sens très près de ces arrière-grands-parents-là.