La Ferme Rang 6
Produit par le Musée de la mémoire vivante.
Mon oncle Louis avait pas de relève sur la ferme. C’était un homme qui vivait seul, fait que quand il est décédé, la terre est revenue entre les mains de la famille. Puis là, tout le noyau familial s’est posé la question, qu’est-ce qu’on faisait avec la terre? C’était quand même la terre de mon grand-père, mon arrière-grand-père, fait que ça a comme une grosse importance émotionnelle pour tout le monde. Puis j’étais déjà en agriculture dans le coin, mon projet maraîcher fonctionnait très bien, mais combien d’années j’aurais continué de le faire? C’est quand même exigeant, c’est des rush en été. Fait que c’est ça, dans le fond, quand mon oncle qui est décédé, moi j’ai levé ma main pour reprendre la terre carrément. Mais le lendemain matin qu’il est décédé, j’étais déjà sur la ferme en train de m’occuper de tout ce qu’il y avait à faire, parce que je connaissais bien la ferme. J’étais proche de mon oncle aussi, fait que c’était naturel d’être là pour prendre la suite. Fait que c’était quand même précipité comme décision, mais j’étais super bien entouré de la famille. Puis on a réussi à tenir le cap, puis aujourd’hui bin on est en opération, puis ça va bien.
Bin dans le fond, c’était une ferme spécialisée en production laitière. Puis moi, bin j’avais moins d’intérêt pour la production laitière, fait que j’ai transformé le troupeau laitier en troupeau de bovins de boucherie, parce que mon idée c’était d’élever du bœuf et de le transformer sur la ferme. Nous, on travaille en bio, puis on est bin soucieux de l’environnement. Puis c’est, en tout cas, c’est tous des trucs qui nous touchent beaucoup. Puis Louis est un peu dans cette ligne de pensée là aussi, bien-être animal aussi. Tu sais, le pâturage pour les vaches. Pas d’intrants sur la ferme, beaucoup de prairies permanentes. Fait que, tu sais, j’ai fait des changements au niveau de la production en soi, mais il y a un beau bout de chemin qui avait été fait à travers les années aussi que j’ai pas eu à faire.
Bin mettons directement de ma famille, mes amis. Oui, là, j’ai eu de l’aide. Mon père, il a été super présent. Il a arrêté de travailler pendant 3 ans, les premières années que j’ai repris la ferme parce que j’avais besoin d’aide. Puis après ça, en agriculture, on est super bien entouré là. Je me suis entouré de conseillers pour m’aider à bâtir un peu ma production.
Mais dans le fond, nous, on a 40 vaches de boucherie. C’est des vaches issues d’un croisement Simmental, qui est une race française, et Angus, qui est une race anglaise, fait que ça, c’est notre troupeau de bovins. Dans le fond, c’est un élevage vache-veau, fait que les vaches restent dans le troupeau, puis ils donnent naissance à des veaux à chaque année. Puis c’est ces veaux-là qu’on commercialise sous la forme de viande. C’est ça, fait que nos vaches restent dans le troupeau, puis ils produisent des veaux. Ça fait que ça, c’est l’élevage bovin, qui vient avec tous les fourrages qu’il faut produire pour nourrir ces bêtes-là et les pâturages qu’il faut entretenir aussi en été pour les vaches. Sinon, qu’est-ce qu’on fait d’autre? On une partie de nos terres qui est en production céréalière, fait qu’on fait du blé panifiable, donc un blé à consommation humaine, puis on fait aussi de l’avoine et du pois, c’est des grandes cultures que l’on fait. Puis sinon, il y a aussi la production forestière en hiver, parce qu’il y a beaucoup de lots à bois sur la ferme, fait que on coupe du bois pour les moulins à scie l’hiver.