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Des techniques qui évoluent

De nos jours, les pêcheurs n’utilisent plus l’archipel comme port d’attache. Ils préfèrent pêcher en plein fleuve ou sur les rives et les battures situées en face des îles. La pêcherie Ouellet pratique la pêche à installations fixes, comme la majorité des pêcheurs. Elle profite du mouvement des marées et de l’étendue des battures.

L’enceinte fixe permet de piéger le poisson à la marée descendante : le hareng et l’alose au mois de mai, l’esturgeon de la fin de mai jusqu’au début de juillet, l’anguille de la fin septembre jusqu’à la fin octobre.

Photo en noir et blanc : Flavius Ouellet debout dans l’eau peu profonde près d’une pêche à fascine (branchages entrelacés). Gauche : charrette bois avec deux roues partiellement immergées. Fascine :  Enchevêtrement de branches avec ouverture rectangulaire (entrée/passage poissons). Île aux Patins, Kamouraska : pêche traditionnelle.

Flavius Ouellet devant une pêche en fascine à l’île aux Patins.

 

Photo couleur (2024) : reconstitution d’une fascine. Structure de branchages de bois entrelacés horizontalement (poteaux verticaux épais). Extérieur (herbe verte en premier plan, arbres, ciel bleu et nuages blancs en arrière-plan).

Représentation d’une fascine.

Les installations ont évolué au fil du temps. Autrefois, la pêche à fascines entrelaçait des branches d’aulne ou de bouleau sur des piquets pour former une longue clôture dans l’eau, construite de deux parties: L’aile de chasse, une longue enceinte en forme de crochet d’environ un kilomètre et demi, formée de quelque 2 000 pieux entre lesquels étaient entrelacées quelques branches de résineux, puis des branches d’aulnes. Et le port : un enclos circulaire dans lequel l’aile de chasse dirigeait les poissons recueillis ensuite par le pêcheur. Celui-ci se rendait à cheval, à marée basse, pour ramasser le fruit de sa capture. C’est à l’Île aux Patins que se déroulait une des plus grandes pêches à fascines sur le territoire québécois.

Photo en noir et blanc (1936) : hommes construisant une pêche à fascine. Deux hommes sont sur une structure en bois (ils enfoncent les pieux avec de gros maillets). Autre homme au sol (prépare/manipule des matériaux). Droite : bœuf (pour transport matériaux/aide construction).

Construction d’une pêche vers 1936.

Arrache-piquet sur pelouse. Structure de bois verticale, chaîne en métal, long bras latéral, plateforme avant avec crochet. Arrière-plan : végétation, bâtiment agricole blanc au toit vert.

Arrache-piquets.

La construction d’une pêche à fascines est ardue et est à recommencer chaque année. Dans les années 1940, lors d’une entrevue avec Marius Barbeau, un anthropologue, Flavius Ouellet explique qu’il commence à travailler sur ses installations de pêche à la mi-avril et qu’il les défait avant la Toussaint (1er novembre). Travail supplémentaire : il lui faudra remplacer des piquets chaque année, ceux-ci ayant une durée de vie d’environ cinq à six ans.

Durant leurs soixante années d’exploitation de la pêche de l’Île aux Patins, Flavius et Maurice Ouellet reçoivent l’aide des cultivateurs de la région qui ont besoin de poissons pour engraisser leurs terres.

Photo en noir et blanc (1937) : deux hommes dans une pêche à fascines Île aux Patins, Kamouraska. Debout dans l’eau peu profonde dans la fascine (branchages entrelacés). Hommes avec des épuisettes rondes. Structure branchages dense, poteaux verticaux clairs en arrière-plan.

Pêche à fascines à l’île aux Patins en 1937.