Des techniques qui évoluent
De nos jours, les pêcheurs n’utilisent plus l’archipel comme port d’attache. Ils préfèrent pêcher en plein fleuve ou sur les rives et les battures situées en face des îles. La pêcherie Ouellet pratique la pêche à installations fixes, comme la majorité des pêcheurs. Elle profite du mouvement des marées et de l’étendue des battures.
L’enceinte fixe permet de piéger le poisson à la marée descendante : le hareng et l’alose au mois de mai, l’esturgeon de la fin de mai jusqu’au début de juillet, l’anguille de la fin septembre jusqu’à la fin octobre.
Les installations ont évolué au fil du temps. Autrefois, la pêche à fascines entrelaçait des branches d’aulne ou de bouleau sur des piquets pour former une longue clôture dans l’eau, construite de deux parties: L’aile de chasse, une longue enceinte en forme de crochet d’environ un kilomètre et demi, formée de quelque 2 000 pieux entre lesquels étaient entrelacées quelques branches de résineux, puis des branches d’aulnes. Et le port : un enclos circulaire dans lequel l’aile de chasse dirigeait les poissons recueillis ensuite par le pêcheur. Celui-ci se rendait à cheval, à marée basse, pour ramasser le fruit de sa capture. C’est à l’Île aux Patins que se déroulait une des plus grandes pêches à fascines sur le territoire québécois.
La construction d’une pêche à fascines est ardue et est à recommencer chaque année. Dans les années 1940, lors d’une entrevue avec Marius Barbeau, un anthropologue, Flavius Ouellet explique qu’il commence à travailler sur ses installations de pêche à la mi-avril et qu’il les défait avant la Toussaint (1er novembre). Travail supplémentaire : il lui faudra remplacer des piquets chaque année, ceux-ci ayant une durée de vie d’environ cinq à six ans.
Durant leurs soixante années d’exploitation de la pêche de l’Île aux Patins, Flavius et Maurice Ouellet reçoivent l’aide des cultivateurs de la région qui ont besoin de poissons pour engraisser leurs terres.




