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Un héritage culinaire réinventé

L’exemple de l’oursin

La colonisation et la mondialisation ont affecté les habitudes alimentaires des Wolastoqiyik au fil du temps. De nombreuses communautés renouent avec leurs traditions culinaires et valorisent les produits locaux. Les chefs cuisiniers autochtones et non- autochtones créent des plats modernes qui s’inspirent des recettes ancestrales ou permettent la découverte de ressources indigènes longtemps négligées ou ignorées.

Photo sous-marine gros plan : oursin vert sur roche rose/violette algues sombres. Oursin : nombreux piquants longs fins vert jaunâtre pâle. Arrière-plan flou.

Oursin vert.

C’est le cas de l’oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis) dont l’exploitation pour l’alimentation n’a débuté qu’au début des années 1990. Ce qui correspond à l’arrivée et à la montée en popularité au Québec de plats traditionnels japonais responsables en grande partie de la consommation de poissons crus dans nos habitudes alimentaires. Depuis, on célèbre l’oursin vert – considéré comme le plus savoureux et délicat de toutes les espèces – sous la forme du fameux sushi « Uni ». L’oursin du Wolastokuk, surnommé affectueusement « foie gras des mers » pour sa texture moelleuse et sa flaveur d’un « umami » suave et riche, rappelle l’odeur piquante et salée des marées printanières.

Exploitation éco-responsable et durable comme un fleuron de l’identité culturelle

Pour les Wolastoqiyik-Wahsipekuk, la pêche aux oursins verts va bien au-delà de la simple récolte. C’est un acte désormais ancré dans leur culture, une manière de se connecter à leur territoire ancestral et de perpétuer la transmission intergénérationnelle, acte essentiel pour maintenir l’identité et les valeurs du peuple Wolastokuk.

Trois oursins verts naturalisés sur surface grise unie. Avant : deux oursins entiers (tailles différentes, piquants bruns/verts). Arrière : troisième oursin plus petit dans un bocal de verre transparent au couvercle noir. Étiquette beige sur le bocal :

Oursins verts.

Désormais gardiens de la ressource en collaboration avec les non-autochtones à qui ils délivrent maintenant les permis, leur expertise est essentielle dans l’exploitation et la préservation de cette ressource économique importante pour les communautés du Wolastokuk.

Cette pêche est à la fois un acte de subsistance, une expression culturelle et un moyen de préserver la langue et un patrimoine immatériel unique qui leur permettra de perpétuer leur rôle de gardiens des ressources et de la biodiversité qu’ils assument maintenant fièrement au cœur de leur territoire.