L’étoile polaire d’Harriet Tubman : Le périple vers le Canada et la lutte pour la liberté

Figure 1. Transport public de St. Catharines. Photo prise par Gabriela Sealy à l’Université Brock, St. Catharines, octobre 2024.
L’adoption de la Loi sur les fugitifs de 1850, qui conférait aux esclavagistes le pouvoir de pourchasser et de ramener les personnes en fuites, même depuis des États libres, a constitué un tournant crucial dans la mission d’Harriet Tubman et le début de son épisode canadien. Cette loi a non seulement aggravé les risques encourus par les personnes en quête de liberté, mais elle a également poussé Harriet Tubman à envisager des solutions au-delà des frontières américaines. Le Canada s’imposait comme refuge, un pays qui avait mis fin à l’esclavage et où les réfugiés noirs pouvaient se construire une vie sans crainte d’être capturés ou réduit encore à l’esclavage.

Figure 2. Chutes du Niagara en hiver, 4 février 1931. Image extraite de St. Catharines Standard/Niagara Falls Review Photographs 1930-1934, Archives et collections spéciales de l’Université Brock, octobre 2024.
Harriet Tubman a effectué son premier périple vers le Canada en décembre 1851, conduisant un groupe de 11 personnes en quête de liberté dans une difficile traversée jusqu’à St Catharines, en Ontario. Forte de ses solides réseaux abolitionnistes et de sa communauté noire en pleine croissance, la ville devint un sanctuaire et une base opérationnelle pour les efforts de libération menés par Harriet Tubman. Bien que le Canada ait formellement interdit de l’esclavage des Africains sur son sol avec la loi d’abolition de 1834, les graines de la liberté avaient été semées plusieurs décennies plus tôt. La loi contre l’esclavage de 1793, introduite par le général John Graves Simcoe, limitait l’expansion de l’esclavage dans le Haut-Canada (actuel Ontario), faisant de la région un bastion d’espoir pour les individus cherchant à échapper à la servitude. Dans le contexte d’arrivée de Harriet Tubman, St. Catharines abritait déjà des Loyalistes Noirs, des personnes anciennement réduites en esclavage et des alliés abolitionnistes, formant ainsi une communauté résistante qui l’accueillit à bras ouverts.
