Chapelle de Salem : Hier et aujourd’hui

Figure 1. Église Épiscopale Méthodiste Britannique de Geneva Street, 1975. La photo est extraite de St. Catharines Standard/Niagara Falls Review Photographs 1971-1975, Archives et Collections Spéciales de l’Université Brock, octobre 2024.
Les sites historiques, notamment ceux qui revêtent une grande importance pour l’histoire des Noirs, ne sont pas seulement des dépositaires de la mémoire, mais aussi des espaces vivantes où se poursuivent actuellement des discussions concernant la propriété, l’accès et l’interprétation. Telle a été l’expérience de notre engagement auprès de l’Église Baptiste Épiscopale Britannique de la chapelle Salem à St. Catharines, un lieu de culte qui était également un site essentiel des activités abolitionnistes liées à l’œuvre d’Harriet Tubman pendant son séjour à St. Catharines. Cela a servi non seulement de foyer spirituel, mais aussi de lieu de rencontre stratégique et, surtout, de refuge sûr pour les chercheurs de liberté..
Bien que l’on s’attendît à ce que l’Église accueille favorablement de jeunes chercheurs noirs engagés dans la préservation de l’héritage de Harriet Tubman, l’accès s’est révélé difficile. Ce qui avait d’abord semblé une attente raisonnable s’est heurté aux réalités des contraintes contemporaines, notamment des ressources humaines et financières limitées, des facteurs susceptibles d’avoir influencé la capacité actuelle de l’Église à s’engager d’une manière qui caractérisait autrefois son rôle historique de refuge pour les chercheurs de liberté noirs. Bien que l’église propose un service de visites guidées, celui-ci est réservé aux groupes privés et n’est pas ouvert au grand public.
Sur ce site historique, la lutte pour l’accès reflète les défis auxquels sont confrontés de nombreux lieux historiques noirs lorsqu’il s’agit de préserver des structures qui ne sont pas de simples bâtiments, mais de véritables emblèmes de l’histoire. Au-delà des défis physiques et financiers qui menacent sa pérennité, les enjeux liés à l’entretien d’un espace relatant l’expérience des fugitifs en quête de liberté – ceux qui ont trouvé refuge en son sein – ne sont pas nouveaux. L’engagement en baisse, les ressources limitées et, peut-être le plus révélateur, le manque de respect pour son caractère sacré ont conduit à une approche de préservation davantage privatisée. L’église, devenue un symbole de mémoire et de lutte, s’est transformée en un projet individuel visant à préserver ce qui reste, plutôt qu’en un espace communautaire.

Figure 2. Église épiscopale méthodiste britannique située à la Rue Genève, 1945. Photo extraite de St. Catharines Standard/Niagara Falls Review Photographs 1941-1945, Archives et Collections Spéciales de l’Université Brock, octobre 2024.
La présence durable de la chapelle Salem, dont la congrégation, comme indiqué sur son site Web (Salem Chapel), compte encore des descendants de chercheurs de liberté, incarne l’inscription de l’histoire dans le présent. En plus de sa désignation comme lieu historique national du Canada le 28 mars 2000 (Parks Canada), l’Église se décrit en ligne comme un Sanctuaire d’Histoire, reconnaissant sa signification multicouche. Étant donné la profonde connexion d’Harriet Tubman à cet espace, la pertinence historique et le poids symbolique de la Salem Chapel en tant que patrimoine partagé ne sauraient être surestimés. L’engagement communautaire n’est pas seulement un moyen de protéger la structure physique ; il constitue un élément essentiel pour maintenir vivantes les histoires, les luttes et les victoires qui donnent tout leur sens à ces lieux. Pour cette raison, l’élargissement de l’accès au public est essentiel et nécessite un investissement continu dans la préservation, la restauration et l’entretien des sites historiques noirs.