Harriet Tubman : Héraut de la liberté
Lorsque j’ai réalisé que j’avais franchi cette ligne, j’ai regardé mes mains pour vérifier si j’étais toujours la même personne.
Harriet Tubman, 1869.

Figure 1. Une photo de la liste des Chants des esclaves joués au Musée d’Histoire Afro-Canadienne Josiah Henson. Photo par Alex Allasra, prise à Dresden, Ontario, en octobre 2024.
La vie et l’héritage d’Harriet Tubman se caractérisent non seulement par un courage exemplaire et une détermination sans faille en faveur de la libération, mais aussi par une foi profonde et durable. Pour Harriet Tubman, la liberté n’était pas seulement une condition politique ou un avantage individuel, mais aussi un engagement divin. Lorsqu’elle franchit la frontière de la Pennsylvanie, foulant pour la première fois le sol de la liberté, elle a ressenti l’énorme fardeau de l’esclavage se détacher de ses épaules – une joie profonde et réconfortante d’être maître de son destin. Elle était libre, mais elle savait, tout autant que si l’Étoile polaire l’avait guidée, que son travail n’en était qu’à ses débuts.
Elle a compris que la liberté n’était pas une quête individuelle, mais une flamme à entretenir. Animée par une conviction spirituelle inébranlable, elle était persuadée que sa propre libération ne serait complètement acquise tant que tous les siens ne seraient pas libres Ainsi, animée par une foi aussi intense que celle de tout autre guerrier, elle a affronté le danger. À maintes reprises, elle a foulé le sol de sa captivité, marchant droit dans la vallée de la mort, n’ayant pour seule protection que sa foi en Dieu et ses convictions. « Ce n’était pas moi, c’était le Seigneur », disait-elle lorsqu’on lui demandait d’où elle tirait la force de se relever sans cesse. Elle parlait de visions, de messages divins qui éclairaient son chemin dans les moments d’incertitude, qui lui permettaient de marcher d’un pas sûr lorsque d’autres auraient failli.
Dre Rosemary Sadlier, descendante de la génération du chemin de fer clandestin, aborde la question de la foi qui était un aspect central de la vie d’Harriet Tubman et sa relation avec le christianisme.
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L’accident qui aurait dû lui coûter la vie – un poids de fer lancé à une autre mais qui a fini par la toucher – est devenu la blessure même qui l’a métamorphosée. Le traumatisme crânien a laissé chez elle des épisodes d’inconscience, des pertes soudaines de vision, et des moments où elle semblait suspendue entre notre monde et un autre. Cependant, Harriet Tubman n’a jamais considéré cela comme une malédiction, mais plutôt comme une révélation. Ces visions aiguisaient ses instincts et lui indiquaient le moment d’attendre, de se déplacer et de courir. Lorsque Dieu éclairait sa vision, alors elle agissait. Sa croyance était à la fois un refuge et une arme, lui permettant de traverser les sentiers les plus périlleux avec un esprit inébranlable, faisant d’elle une sorte de Moïse pour son peuple.