Années 1970 – Enseigner à la prochaine génération de professionnel·le·s de la santé

Mesdames et messieurs, je vais prononcer aujourd’hui un discours illégal – si j’aboutis en prison, vous allez tous m’y accompagner.

Percy Skuy, ancien président d’Ortho Pharmaceutical (Canada), se remémorant l’introduction donnée lors d’une conférence sur la planification familiale tenue à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto en 1962

Avant la fin des années 1950, les facultés de médecine canadiennes n’offraient pas de formation formelle en planification familiale. Une décennie plus tard, les choses évoluent lentement. Une étude menée en 1966 révèle que presque toutes les facultés de médecine du Canada enseignent la planification familiale d’une manière ou d’une autre. Cependant, pour la plupart des étudiant⸱e⸱s, cette formation se résume à une présentation d’une heure sur les méthodes contraceptives.

Détails de l’image — Une femme est debout derrière une table, souriant vers l’appareil photo. La table est couverte de matériel d’information et d’articles divers. Des enseignes sur la table et le mur se lisent : Reproductive Health and Birth Control (Santé reproductive et contraception).
Une infirmière-étudiante travaillant au kiosque d’information sur la contraception au Women’s College Hospital, 1984.
Détails de l’image — Une femme debout derrière une table couverte de diverses ressources éducatives se rapportant à la contraception.
Semaine de la contraception au Women’s College Hospital, 1984.

De façon générale, la planification familiale n’est pas enseignée dans les écoles de sciences infirmières canadiennes avant 1969. Les infirmier·ère·s en santé publique qui veulent suivre une formation dans ce domaine doivent le faire dans des cliniques de planification familiale aux États-Unis.

Pourquoi si peu d’occasions de formation en planification familiale au Canada?

La Dre Marion Powell blâme le Code criminel du Canada pour des décennies de confusion et d’hésitation. Aussitôt la contraception légalisée, la Dre Powell réclame plus de formations pour les professionnel·le·s médicaux·ales et de la santé publique.

En 1972, l’Université de Toronto lance un programme d’études sur la population à son École de santé publique. C’est le premier en son genre au Canada à se concentrer sur l’enseignement et la recherche en matière de planification familiale. Il est naturel que la Dre Powell en soit nommée la première directrice.

Comme elle l’explique, son travail consiste alors à « enseigner la planification familiale à des étudiant·e·s en médecine, soins infirmiers, pharmacie, travail social, éducation et à d’autres encore qui pourront enseigner à leur tour à des gens dans leur communauté ». La Dre Powell est reconnue pour avoir aidé à former la prochaine génération de professionnel∙le∙s médicaux∙ales dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive au Canada.

Détails de l’image — Portrait en noir et blanc d’une femme d’âge mûr aux cheveux courts et ondulés portant une écharpe de couleur pâle; elle est de profil et regarde vers la droite.
Portrait de la Dre Marion Powell, 197-.