Il est grand temps que le gouvernement canadien prenne position sur la prestation de services de planification familiale.
Avant 1969, il existe très peu de services de planification familiale au Canada. De nombreuses personnes attribuent cette lacune à une incertitude générale à ce sujet au sein du gouvernement et de la communauté médicale. Comme l’explique un représentant du gouvernement, « Nous ne prendrons pas de risque avant que la loi soit changée ».
Même après la légalisation de la contraception, elle n’est pas facilement accessible. La Dre Marion Powell sonne l’alarme depuis des années. Un peu avant la modification de la loi, elle écrit,
Je vois très peu d’indices dans le pays que la planification des cliniques publiques a avancé au point où elles pourront ouvrir immédiatement lorsque cela deviendra légal. Nous avons à peine tenté de former du personnel et de trouver les fonds nécessaires pour faire fonctionner ces cliniques.
Elle a raison.
En 1970, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada rapporte qu’il existe seulement 23 cliniques de planification familiale dans les 900 hôpitaux du pays. La Fédération pour la planification familiale du Canada constate des résultats semblables. Les hôpitaux, cliniques, départements de santé et organismes privés n’exploitent que 66 cliniques de planification familiale à travers le Canada. Si l’objectif consiste à établir une clinique pour chaque tranche de 30 000 Canadiennes et Canadiens, le pays a besoin d’au moins 700 cliniques de planification familiale, sur le champ.
Plus d’un an et demi après la légalisation de la contraception, le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social passe enfin à l’action. Le 18 septembre 1970, le gouvernement annonce l’octroi de subventions de planification familiale. Ces subventions soutiennent les services de planification familiale, la formation et la recherche.
La Dre Powell souhaite rendre la planification familiale plus accessible, surtout aux jeunes. Elle est critique à l’égard des cliniques dont les heures d’ouverture sont limitées et dont les règlements imposent des « exigences quant à l’âge, au lieu de résidence et à l’état matrimonial des filles arrivant à la clinique ». Elle commence à faire la promotion de sa nouvelle vision de la planification familiale au Canada.