Si elles sont assez âgées pour tomber enceintes, elles sont assez âgées pour apprendre à l’éviter.
L’enseignement de l’éducation sexuelle aux élèves dans les écoles est discuté et débattu depuis plus d’une décennie au Canada. Les politiques en matière d’éducation sexuelle sont souvent façonnées par le climat social et politique de l’époque.
Les premiers programmes d’éducation sexuelle dans les écoles publiques datent du début des années 1900. Ces programmes sont souvent offerts par des réformateurs et réformatrices sociaux. Un grand nombre d’entre eux sont associés à l’Église et à ses enseignements. La plupart ne font que raconter aux jeunes des récits édifiants en guise de mise en garde.
Après la Seconde Guerre mondiale, certaines commissions scolaires ajoutent des leçons sur la prévention des infections transmissibles sexuellement. Quelques-unes avaient proposé un curriculum d’éducation sexuelle limité dans les années 1960.
La Dre Marion Powell croit que peu de jeunes personnes reçoivent une éducation sexuelle à la maison. Les adolescentes ont alors des connaissances insuffisantes pour faire des choix éclairés concernant leur santé reproductive. Elle maintient que « l’apprentissage de la planification familiale doit se faire à l’école ». L’éducation sexuelle devrait commencer dès le début de l’adolescence et inclure obligatoirement de l’information sur la contraception.
Elle est convaincue que des programmes d’éducation sexuelle efficaces pourraient combattre de nombreux problèmes sociaux. Par exemple, elle est très préoccupée par la question de la grossesse chez les adolescentes, qui est devenue l’une des principales raisons pour le décrochage scolaire chez les jeunes femmes. Comme elle explique, « nous avons convaincu les jeunes de porter attention à leurs comportements sexuels. Je ne sais pas pourquoi nous ne pourrions pas les convaincre à propos de la contraception ».
La Dre Powell devient une défenseure fervente de l’éducation sexuelle dans les salles de classe. Pendant son séjour à Scarborough, elle travaille dans des écoles secondaires à titre de conseillère en éducation sexuelle. Elle aide sa commission scolaire à élaborer un curriculum d’éducation sexuelle. Son programme devient un modèle pour d’autres commissions scolaires à travers le Canada.
En 1971, elle aide le ministère de l’Éducation de l’Ontario à élaborer le curriculum d’éducation sexuelle de la province. Elle se joint également au Conseil consultatif sur l’éducation sanitaire de l’Association médicale de l’Ontario. Son rôle consiste à conseiller les professeur∙e∙s sur l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école.