Mesdames et messieurs, je vais prononcer aujourd’hui un discours illégal – si j’aboutis en prison, vous allez tous m’y accompagner.
Avant la fin des années 1950, les facultés de médecine canadiennes n’offraient pas de formation formelle en planification familiale. Une décennie plus tard, les choses évoluent lentement. Une étude menée en 1966 révèle que presque toutes les facultés de médecine du Canada enseignent la planification familiale d’une manière ou d’une autre. Cependant, pour la plupart des étudiant⸱e⸱s, cette formation se résume à une présentation d’une heure sur les méthodes contraceptives.
De façon générale, la planification familiale n’est pas enseignée dans les écoles de sciences infirmières canadiennes avant 1969. Les infirmier·ère·s en santé publique qui veulent suivre une formation dans ce domaine doivent le faire dans des cliniques de planification familiale aux États-Unis.
Pourquoi si peu d’occasions de formation en planification familiale au Canada?
La Dre Marion Powell blâme le Code criminel du Canada pour des décennies de confusion et d’hésitation. Aussitôt la contraception légalisée, la Dre Powell réclame plus de formations pour les professionnel·le·s médicaux·ales et de la santé publique.
En 1972, l’Université de Toronto lance un programme d’études sur la population à son École de santé publique. C’est le premier en son genre au Canada à se concentrer sur l’enseignement et la recherche en matière de planification familiale. Il est naturel que la Dre Powell en soit nommée la première directrice.
Comme elle l’explique, son travail consiste alors à « enseigner la planification familiale à des étudiant·e·s en médecine, soins infirmiers, pharmacie, travail social, éducation et à d’autres encore qui pourront enseigner à leur tour à des gens dans leur communauté ». La Dre Powell est reconnue pour avoir aidé à former la prochaine génération de professionnel∙le∙s médicaux∙ales dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive au Canada.