Tout est dans l’énergie
Filmé et réalisé par Benjamin Shimwa
Danni est assise devant une machine à coudre sur rails, à côté d’un porte-vêtements comportant quelques vêtements, lors de son entretien.
Danni — Une fois que j’ai pu surmonter plusieurs de mes traumatismes, j’ai enfin pu me sentir davantage moi-même. Et donc, probablement vers la 12e ou la 13e année — parce que j’ai fait une année intermédiaire, à la fin du secondaire en fait, j’ai commencé à me sentir vraiment moi-même. J’enfilais donc soit un pantalon cargo noir, soit un legging noir. Ensuite, j’enfilais des bottes cuissardes très hautes, comme des bottes à talons qui résonnaient dans tout le couloir, et un ensemble composé d’une chemise et d’un pull. Rien ne m’intéressait vraiment. Je me maquillais tous les jours pour aller à l’école. Finalement, les gens ont entendu mes pas et se sont dispersés, parce que je n’acceptais pas les conneries de personne. En effet, des gens s’assoyaient dans le couloir et ne laissaient passer personne. Je restais là à les fixer comme si je disais :
« Tassez-vous ». Et donc ils ont fini par dire : « Oh zut, elle arrive, tassez-vous ». Et je me sentais plutôt bien.
Je me sentais bien, en fonction de mon style, parce que certains sont plus insouciants et très féminins, et d’autres sont très masculins. En présence des énergies masculines, les gens traversent la rue. J’ai vu des gens traverser la rue en me voyant, et encore une fois, s’ils sont mal à l’aise, je m’en fiche, ce n’est pas mon problème. S’ils veulent s’écarter, ils peuvent le faire. Et si je porte, par exemple, ma robe vraiment courte avec des shorts courts et des trucs, les gens, ils s’en fichent. Ils se disent alors « Oh, elle est amusante. Elle est bizarre. Elle est… mais c’est bon ». Mais on me traite très différemment, de manières très différentes, selon mes différents styles. La fluidité des genres.