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Des occasions en or pendant les « sales années trente »

La Grande Dépression des années 30 a créé un chômage à grande échelle au Canada et dans le monde entier. Une sécheresse a dévasté les prairies. Des familles entières ont migré à travers le pays à la recherche de travail et d’un nouvel endroit où s’installer.

Image numérisée en couleur de l’intérieur du passeport canadien de Ralph Pugliese, daté du 30 mai 1930. Description textuelle de Ralph Pugliese, de sa femme et de ses deux enfants. Deux photos se trouvent sur le côté droit du passeport, l’une de Ralph et de sa fille, l’autre de sa femme et de leur fils.

Pages intérieures du passeport de Ralph Pugliese, 1930

 

En revanche, Kirkland Lake était unique dans son rôle de producteur d’or.

Les pays ont commencé à réduire leurs échanges commerciaux entre eux et beaucoup, comme le Canada et les États-Unis, ont cherché à augmenter leurs réserves d’or. Le prix de l’or est passé alors de 20,67 $ à 35,08 $ l’once, ce qui a entraîné une augmentation de la production dans les mines de Kirkland Lake. Pour répondre à la demande, de nouvelles mines comme la mine Macassa et la mine Upper Canada ont ouvert dans la région de Kirkland Lake. La réussite économique de nombreuses mines stables a incité les gens à déménager à Kirkland Lake avec leur famille.

Sid Hamden, un résident de longue date de Kirkland Lake, se rappelle son expérience de jeunesse lorsque sa famille a quitté la Saskatchewan pour le nord de l’Ontario à cette époque.

Voyage de la famille Hamden à Kirkland Lake (sous-titres disponibles en français et en anglais). Profitez de cette vidéo avec une transcription en français. 

Un idéal de prospérité pendant la Grande Dépression

Avec sept grandes mines d’or en exploitation le long du Mille en or, la ville ne montrait aucun signe de ralentissement de croissance. Ce sont les années de prospérité de Kirkland Lake!

Une fois de plus, les rumeurs de la bonne fortune de la ville se sont répandues grâce à des articles de journaux prometteurs. Très vite, des travailleurs sont arrivés de l’ensemble du pays alors que la Dépression se poursuivait.

Image d’une coupure de presse sur le boom de l’exploitation aurifère à Kirkland Lake, datant de 1932.

Le National Geographic mentionne le boom de l’or à Kirkland Lake, publié à l’origine en 1932

Le taux de chômage étant élevé au Canada, l’immigration vers le pays avait ralenti. La plupart des immigrants cherchant un emploi à Kirkland Lake étaient arrivés plus tôt au Canada.

Le recensement de 1932 fait état d’environ 1 000 personnes de passage vivant dans des tentes à la périphérie de la ville et cherchant du travail.

Certains ont eu la chance de trouver un emploi et d’envoyer de l’argent à leur famille, tandis que d’autres n’ont eu d’autre choix que de poursuivre leur route.

Photographie en noir et blanc d’un groupe d’hommes debout à côté d’un grand poteau de porte métallique, faisant face à un gardien en uniforme à l’entrée de la propriété de la mine. Le gardien tient une feuille de papier.

Hommes attendant de travailler à la mine Wright-Hargreaves pendant la Grande Dépression

Souvenirs de Pigtown

Laker de Kirkland et auteur, Stan Zima a raconté l’expérience de son père à cette époque :

« Mon père était l’un des sept fils d’un fermier. Il a rencontré ma mère dans une église locale près de l’endroit où ma mère vivait en Pologne. Il était le seul fils à avoir quitté la Pologne pour venir au Canada. En 1933, il a signé un contrat de deux ans pour travailler dans une ferme en Saskatchewan. Le jour où son contrat a expiré, il est parti vers l’est, dans les mines du nord de l’Ontario. Il a ensuite amené ma mère au Canada et à Pigtown. »

Photographie couleur d’une affiche répertoriant les dates de départ des paquebots Cunard de Montréal. Les dates vont du 21 juillet au 22 septembre 1933. Les ports d’arrivée comprennent l’Irlande, l’Écosse, l’Angleterre et la France. Les noms des navires à vapeur sont les suivants : Alaunia, Ascania, Athenia, Aurania, Ausonia, Letitia.

Horaire des navires de ligne quittant l’Europe pour le Canada, 1933

« Pigtown » était un petit village nommé d’après les cochons élevés par les familles de la région et situé à l’extrémité sud de Kirkland Lake avec environ 25 maisons. D’autres surnoms pour le village étaient « Cabbagetown » ou « Benetovo Selo » – traduction serbe pour « Bennett’s Village », ainsi nommé d’après le Premier ministre pendant la Grande Dépression. Stan explique:

« La plupart des familles de Pigtown venaient de familles d’immigrants qui travaillaient dur – dans des endroits comme la Yougoslavie, l’Ukraine, la Tchécoslovaquie et la Pologne. La plupart des hommes de Pigtown travaillaient sous terre dans les mines locales. »

Les mineurs pouvaient gagner jusqu’à 5 $ par jour, et les emplois étaient nombreux pour ceux qui faisaient déjà partie de la communauté. Les mines de Kirkland Lake employaient plus de 3 000 hommes en 1933. Ce nombre a atteint plus de 5 000 en 1938.

Portrait photographique de quatre rangées de filles et de femmes portant des robes et des écharpes de couleur claire, devant deux drapeaux – le drapeau croate et l’Union Jack.

L’organisation des femmes croates pose avec le drapeau croate et le drapeau britannique à Kirkland Lake dans les années 30

Prêts à accueillir les clients et les nouvelles expériences

Les mines étaient les principaux employeurs de la communauté, mais les commerces étaient en plein essor partout à Kirkland Lake.

De nouveaux commerces et services tels que des épiceries, des concessionnaires automobiles, des stations-service et d’autres détaillants se sont étendus vers le haut de la ville le long de Government Road et dans les zones résidentielles des rues Main et Wood.

Photographie en noir et blanc de l’épicerie des frères Blazevich sur Main Street. La famille Blazevich est debout sous l’enseigne au néon fixée au bâtiment en brique. Une pompe à essence à l’ancienne est au premier plan, et le véhicule de livraison des frères Blazevich se trouve à droite de l’image.

Magasin des frères Blazevich sur Main Street

 

Un coup d’œil à un annuaire téléphonique des années 30 montre la présence de nombreux groupes ethniques dans la communauté, qu’il s’agisse de noms de commerces, de clubs sociaux, d’églises ou de résidences personnelles.

Kay McCrimmon a déménagé à Kirkland Lake pour un poste d’enseignante à cette époque.

« Mon arrivée à Kirkland Lake m’a fait découvrir un monde complètement différent : un monde de forêts, de rochers, de lacs et de puits de mine. Ce fut une expérience culturelle pour moi d’apprendre que la population de 23 000 personnes était composée d’au moins 26 nationalités qui se mélangeaient en une communauté très unie, en préservant leur culture par le biais de centres tels que le Club italo-canadien, le Polish Hall, le Legion Hall et autres. Il y avait des églises bien établies – Unie, presbytérienne, anglicane, polonaise, ukrainienne, catholique romaine anglaise et française et la synagogue juive. »

Photographie en noir et blanc de personnes vêtues de vêtements traditionnels syriens avec un char allégorique du jour du couronnement. Trois femmes et un homme sont assis sur le char allégorique, tandis que quatre hommes sont debout par-devant. Trois hommes en costume et un garçon se tiennent à gauche du char allégorique, l’un d’eux étant appuyé contre le char allégorique.

Char allégorique syrien lors du défilé du couronnement de 1937 à Kirkland Lake

Les festivités du couronnement du roi George VI étaient un exemple de l’union de la communauté.

Comme Sid Hamden s’en souvient, le soutien à la monarchie britannique et le patriotisme étaient à l’honneur ce jour-là.

Les nombreux peuples qui composaient la communauté de Kirkland Lake ont fièrement représenté les cultures de leurs pays d’origine dans un défilé.

Célébration du couronnement à Kirkland Lake (sous-titres disponibles en français et en anglais). Profitez de cette vidéo avec une transcription en français. 

Les dépanneurs et les épiceries familiales étaient fréquents dans tous les quartiers et vendaient des aliments de saveur canadienne et internationale. Des entrepreneurs comme les Kaplan ont vendu leur magasin général pour devenir propriétaires de plusieurs théâtres et cinémas à Kirkland Lake, offrant aux résidents des spectacles et des films. Des familles de marchands ont ouvert plus d’une douzaine de magasins de vêtements dans la ville dans les années 30, faisant de Kirkland Lake un lieu de magasinage à la mode pour les habitants de la ville et des communautés environnantes.

Souvenirs du centre-ville de Kirkland Lake (sous-titres disponibles en français et en anglais). Profitez de cette vidéo avec une transcription en français.

En 1939, Kirkland Lake comptait une population de 24 113 habitants. La communauté n’a pas seulement été épargnée par l’impact économique de la Grande Dépression, elle a prospéré.