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Du fleuve au vivier

Les anguilles sont aujourd’hui vendues vivantes. Le pêcheur se hâte donc à transporter à ses viviers les anguilles capturées dans les coffres. Ces installations modernes sont aménagées dans l’un des bâtiments de la ferme. Il s’agit d’immenses bassins dont l’eau est saline, oxygénée et tempérée.

Les anguilles sont rincées et pesées avant d’être transvidées dans ces immenses viviers.

Du fleuve au vivier – Regardez la vidéo et sa transcription

Le pêcheur veille à ce que la qualité de l’eau demeure bonne jusqu’à ce que les acheteurs viennent chercher la quantité de poissons qu’ils désirent. Outre le mucus sécrété par l’anguille, très peu de déchets se retrouvent dans l’eau du vivier puisque l’anguille migrante vers la mer des Sargasses a cessé de s’alimenter. Les pêcheurs n’ont donc pas besoin de la nourrir pour la maintenir en vie.

Anciennement, la vente en vrac d’anguilles se faisait au moyen de barils de bois dans lesquels les pêcheurs mettaient un rang de gros sel et un rang d’anguilles, ainsi de suite, jusqu’à ce que le contenant soit plein. Le tout était acheté sur place ou expédié par train vers les grandes villes.

Camion-citerne utilisé pour le transport du poisson vivant. On peut lire sur le côté « Neptune Restaurant Montréal. Prenez votre homard et poisson vivant »; photo noir et blanc.

Camion-citerne aménagé pour le transport du poisson vivant, 1963

 
Au milieu du 20e siècle, des grossistes parcouraient les rives du Saint-Laurent pour se procurer en vrac les prises des pêcheurs d’anguilles. Ils laissaient une quantité de contenants chez les pêcheurs. Les anguilles fraîchement pêchées et vivantes étaient placées dans ces boîtes de plastique, sans eau. L’acheteur passait les récupérer régulièrement.

Camion-citerne pour le transport du poisson vivant, doté de hublots et de trappes sur le dessus de la citerne. Le camion est dans l'eau jusqu'aux essieux. Un homme est grimpé sur le côté du camion et regarde dans une des trappes, deux autres sont tout près debout sur une remorque, un quatrième est debout sur le coffre à anguille qui est très grand et regarde la scène; photo noir et blanc.

Le camion-citerne du restaurant Neptune de Montréal chez Misaël Labrecque, pêcheur, 1963

 
C’est le grossiste qui faisait la préparation des poissons pour les exporter majoritairement en Europe. Quelques restaurateurs de Québec, Montréal et Toronto venaient aussi s’approvisionner directement chez le pêcheur d’anguilles.

Certains revendeurs de poissons pratiquaient la vente itinérante dans leur localité. Toutefois, il s’agit de cas isolés.

Les particuliers désireux de manger de l’anguille fraîche se rendaient directement chez le pêcheur pour s’en procurer. Les proches et les personnes ayant rendu des services lors de la construction de la pêche ou à d’autres occasions recevaient toujours quelques poissons en cadeau.