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L’histoire de George Lawrence

« Le sergent George Lawrence est devenu un homme très âgé, respecté tant par les Blancs que les Noirs. Ses descendants à Fredericton ont maintenu sa bonne réputation… Lorsque le vieux sergent a quitté cette terre [et] que son corps a été porté à sa dernière demeure, on a pu voir plusieurs hommes blancs très âgés, au mépris total de la très forte barrière raciale, marcher ensemble dans le cortège. Même à leur âge chancelant, il y avait quelque chose de précis et de systématique dans leur démarche. Le 104e Régiment, autrefois vaillant et compétent, effectuait l’un de ses derniers défilés en rendant hommage à un digne compagnon disparu, dont la camaraderie s’était révélée vraie durant l’épreuve exténuante de la bataille. »
 Auteur inconnu, vers 1895.

Dessin en couleurs d’un soldat noir portant un uniforme militaire britannique de 1812 avec un pied posé sur un rondin. Il tient un récipient d’eau circulaire, et l’on voit une hache avec un chapeau militaire appuyée sur le rondin.

Pionnier du 104e Régiment d’infanterie, par R.J. Marrion, encre sur papier, 1971.

 

L’une de ces familles de colons est celle de George Lawrence (né en 1790 et décédé après 1851), qui est né en esclavage en 1790. Selon la légende, George aurait été amené à Kingsclear par William Wilbur, un ébéniste loyaliste de Saint John, qui l’avait sauvé d’un cruel marchand d’esclaves de cette ville.

À Kingsclear, George a été pris en charge par Moses et Mammy Gossman, qui étaient également asservis par William Wilbur. Les Wilbur vivaient à environ 5 kilomètres au-delà de la Première Nation de Pilick. Selon une histoire qui a été transmise au Musée de la région de Fredericton, William Wilbur a rendu sa liberté à George pour le remercier d’avoir sauvé la vie de sa jeune fille Cherry.

George a donc été envoyé à Fredericton avec une lettre de recommandation et a trouvé rapidement un emploi chez Jonathan Grant, un médecin de la ville, qui vivait dans le manoir du gouverneur Carleton (site de l’actuelle résidence du Gouverneur général). À l’entrée du manoir se trouvait « une petite guérite blanche » où les membres de la famille Wallace vivaient en tant que domestiques du manoir. C’est là que George a élu domicile et qu’il a rencontré sa future épouse, Phoebe Stewart (1797-1875), qui vivait également avec la famille Wallace.

Carte illustrée montrant le trajet suivi par le 104e Régiment d’infanterie lors de sa marche de Fredericton (Nouveau-Brunswick) à Kingston (Ontario) en 1813. On y voit une illustration de soldats en hiver construisant une hutte.

Carte de la route empruntée lors de la marche du 104e Régiment du Nouveau-Brunswick de Fredericton (N.-B.) à Kingston (Ont.), 1813.

 

Lorsque la guerre de 1812 a commencé, George Lawrence s’est rapidement porté volontaire et a servi héroïquement comme tambour dans le 104e Régiment d’infanterie (du Nouveau-Brunswick). En février 1813, il a fait partie de la marche historique du 104e de Fredericton à Kingston (Ontario). Dans le Haut-Canada, il aurait participé à la bataille de Lundy’s Lane, où il a combattu avec bravoure les envahisseurs américains.

Après la guerre, George Lawrence est retourné à Fredericton, où il a épousé Phoebe Stewart en 1818 et élevé une famille de six enfants. Leur maison se trouve dans le pâté de maisons 200 de la rue Charlotte, à Fredericton. George a travaillé comme ouvrier à Fredericton et a continué à servir sa communauté en tant que sergent instructeur dans l’unité de milice Royal African Corps (corps royal africain) de Fredericton.

Photographie en couleurs du monument du 104e Régiment d’infanterie à l’entrée de la Place des officiers à Fredericton. À l’arrière-plan, on peut voir de l’herbe verte et des bâtiments du parc.

Monument commémorant la marche du 104e Régiment (Nouveau-Brunswick), situé sur la Place des officiers, à Fredericton (Nouveau-Brunswick), 2014.