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La Butte en haut de la butte

Au cours de l’année 1960, Gilles Mathieu essuie quelques revers. D’abord, il perd son emploi à Montréal parce qu’il fréquente des artistes réputés peu recommandables et porte une barbe. Puis, sous la pression des commérages, le propriétaire du poulailler refuse de renouveler son bail. Tant mieux ! La liberté l’attend.

Photo noir et blanc de Gilles Mathieu grimpé à un poteau et installant une enseigne de La Butte.

Gilles Mathieu installe son affiche

 

À l’été, il déménage le café en haut d’une butte, dans une ancienne fabrique de portes et châssis appartenant à son père. Plus vaste et mieux équipé, ce lieu lui permet de poursuivre sa grande idée : présenter de nouveaux talents, mettre en valeur la culture du Québec et participer à son élan d’émancipation.

Une des deux mezzanines de la Butte avec ses tables basses couvertes de nappes à carreaux et chacune d’une chandelle plantée dans une bouteille de Chianti et ses coussins.

Une mezzanine de la Butte

 

Un ami propose d’appeler le lieu : la Butte, bientôt connue comme la Butte à Mathieu. En plus d’y présenter des chansonniers, Gilles Mathieu invite les artistes à y exposer leurs premières œuvres ou à y faire leurs débuts : peintres, émailleurs, sculpteurs, poètes, mimes, acteurs, humoristes et musiciens de jazz sont les bienvenus. La boîte ouvre du vendredi au dimanche soir et 75 personnes peuvent assister gratuitement aux différents spectacles et voir des expositions.

L’endroit est bien tenu, mais les barbus et les filles en shorts qui le fréquentent, dérangent, effraient et scandalisent.

Photo couleur de La Butte en hiver. Les murs de bois et les grandes fenêtres à carreaux sont prédominants. Un ancien camion Ford des années 1930 de couleur jaune est stationné à l’entrée.

Les bâtiments principaux de la Butte