La défaite du fascisme
Aujourd’hui, les anciens combattants sino-canadiens parlent de « une guerre, trois victoires ». La fin de la Seconde Guerre mondiale, le 2 septembre 1945, a marqué la convergence de trois luttes distinctes, chacune couronnée d’une victoire durement acquise. La première victoire a été la défaite du fascisme par les Alliés. Les Canadiens d’origine chinoise étaient fiers de servir le Canada au moment où celui-ci en avait besoin, même s’ils étaient victimes d’exclusion politique, de racisme et d’inégalités dans leur propre pays.
Abrogation de la Loi sur l’exclusion des Chinois
La deuxième victoire a été l’abrogation de la Loi sur l’exclusion des Chinois. Cette loi avait, dans les faits, mis un terme à l’immigration chinoise, porté atteinte à la vie familiale et freiné le développement de la collectivité pendant vingt-quatre ans. Après la guerre, les anciens combattants sino-canadiens et les dirigeants communautaires se sont mobilisés pour faire évoluer les choses, forts de l’autorité morale que leur conférait le fait d’avoir gagné le droit d’être traités comme les autres Canadiens. La deuxième victoire a eu lieu le 14 mai 1947.
Droits de citoyen à part entière accordés
La troisième victoire a été le rétablissement du droit de vote, et celle-ci aussi a dû être remportée séparément. Les Canadiens d’origine chinoise se sont longtemps vu refuser le droit de vote en raison de lois racistes, tant au niveau provincial que fédéral. Cela signifiait que la fin de la guerre n’entraînait pas automatiquement l’octroi de tous les droits de citoyenneté, et que l’abrogation des mesures d’exclusion ne rétablissait pas automatiquement le droit de vote. Les Canadiens d’origine chinoise ont dû continuer à se battre pour être reconnus non seulement comme des immigrants exempts de restrictions, mais aussi comme des Canadiens à part entière.
Service, sacrifice, droits
« Une guerre, trois victoires » résume les trois luttes distinctes menées par la communauté chinoise. Cela signifie qu’une seule guerre a contribué à ouvrir trois portes : la reconnaissance militaire, l’abrogation des mesures d’exclusion et les droits civils, mais que les Canadiens d’origine chinoise ont tout de même dû se battre pour pousser chacune de ces portes.