Introduction

Détails de l’image — Photographie de groupe colorisée montrant trente Canadiens d’origine chinoise suivant un entraînement avancé au sein de la Force 136 à Poona, en Inde, en 1945. Cette image est une version en couleur générée par intelligence artificielle à partir d’une photographie originale en noir et blanc.
Illustration en couleur générée par intelligence artificielle à partir d’une photographie de 1945 montrant trente Canadiens d’origine chinoise suivant un entraînement avancé au sein de la Force 136 à Poona, en Inde.

Création du Special Operations Executive

En 1939, le gouvernement britannique, sous la direction du Premier ministre Churchill, a créé le Special Operations Executive (SOE), également connu sous le nom de « Ministère de la guerre déloyale ». Sa mission consistait à contrecarrer les préparatifs de guerre secrets menés à l’échelle mondiale par l’Allemagne et le Japon, en encourageant la résistance dans les pays occupés, en menant des actions de sabotage et de subversion, et en entravant l’accès de l’ennemi aux ressources. Lorsque les États-Unis sont entrés en guerre le 8 décembre 1941, le SOE a collaboré avec son homologue américain, l’OSS. Dès 1942, le SOE collaborait également avec l’Australie dans le cadre de ce qui allait devenir plus tard le Services Reconnaissance Department (SRD).

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Chinois du Canada étaient privés de droits civils depuis cinquante ans. Privés du droit de vote et marginalisés dans leur propre pays, ils se heurtaient à un mur de discrimination à chaque pas, mais s’engageaient (ou tentaient de s’engager) pour servir dans toutes les branches des forces armées : les forces aériennes, l’armée de terre et la marine. Seule une poignée d’entre eux ont été appelés sous les drapeaux. La Colombie-Britannique s’est fermement opposée à ce que les Canadiens d’origine chinoise soient recensés, car il serait alors impossible de leur refuser le droit de vote. Ainsi, la Loi de 1940 sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN), tout en recensant officiellement tous les hommes âgés de plus de seize ans, garantissait secrètement qu’aucun Chinois ne serait appelé sous les drapeaux.

…Les citoyens canadiens d’origine chinoise peuvent être enrôlés dès lors qu’ils sont jugés aptes. Ils ne seront pas convoqués pour le moment en vertu de la L.M.R.N.

― Note de service du ministère canadien de la Défense nationale, 12 juillet 1943

En juin 1944, le Canada, confronté à des pressions internes liées à la conscription et à des pressions externes exercées par le SOE, a finalement commencé à mobiliser ses recrues chinoises : environ 500 à 600 hommes et femmes au total. Ces hommes et ces femmes ont jeté les bases de la lutte pour les droits civiques de l’après-guerre. Aujourd’hui, on appelle cela « Une guerre, trois victoires » : la victoire des Alliés, l’abrogation de la Loi d’exclusion et le rétablissement du droit de vote.

C’est parmi ce petit groupe de Canadiens d’origine chinoise qui avaient réussi à s’enrôler que furent sélectionnées les recrues destinées à une mission bien plus périlleuse : le SOE. Au total, 145 Canadiens d’origine chinoise ont été recrutés. Voici les histoires de quelques-uns d’entre eux.