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L’apparition de la frontière

Au milieu d’un champ verdoyant au pied des montagnes, une petite borne blanche localise la frontière Canada-US.

Cette vue panoramique illustre bien à quel point la frontière se fond dans le paysage ce qui la rend quasi invisible.

 

Les États-Unis sont là, à quelques mètres, de l’autre côté de la frontière – des « lignes » comme disent les gens – qui sépare le Vermont et le Canton de Sutton. Dans le creux, plus loin, se niche le village américain de Richford. En prenant vers la droite, on arrive à Frelighsburg; vers la gauche, on rejoint les deux hameaux frontaliers soit Abercorn, qui a fait partie du canton de Sutton jusqu’en 1929, puis, derrière, entre les montagnes, Glen Sutton et la vallée de la rivière Missisquoi.

Le fait que le canton de Sutton longe la frontière avec les États-Unis a influencé son histoire de plus de 200 ans.

Derrière une petite borne blanche, une bande libre de végétation qui traverse champs et montagnes et marque le tracé de la frontière

En dehors des villes et villages, la frontière se résume à quelques bornes et à une bande libre de végétation de 6 mètres.

 

La première frontière Canada-États-Unis est fixée en 1763, par le traité de Paris, après que l’Angleterre soit sortie victorieuse de la guerre de Sept Ans. La Nouvelle-France devient britannique. Le roi George III signe une Proclamation royale qui délimite les différents territoires qu’il possède désormais en Amérique du Nord. La province de Québec est créée au nord des états de la Nouvelle-Angleterre, dont le Vermont. En 1783, le traité de Versailles, qui reconnaît l’indépendance des États-Unis, confirme le tracé de cette nouvelle frontière.

Le Canton de Sutton est arpenté en 1792. Des colons, venus des États-Unis, viennent s’y établir. Certains sont des loyalistes ayant soutenu l’Angleterre durant la guerre d’indépendance américaine; d’autres sont simplement à la recherche de terres à défricher.

Défricher pour créer des pâturages et des champs est un travail ardu qui fait appel à de nombreux bras et à des  chevaux

Avant d’exploiter son lopin de terre, le colon doit le défricher pour créer des pâturages et des champs qu’il pourra ensemencer.