De journaliste à chargée de cours : l’enseignement du journalisme à l’université par Paule Vermot-Desroches
Ce n’était qu’un simple courriel dans ma boîte de réception. Un courriel de la part d’un professeur de l’UQTR, d’où je suis diplômée, qui voulait connaître mon intérêt pour l’enseignement. Je dois être franche, j’ai toujours eu en tête, un jour, d’enseigner. Fille de deux professeurs, dont mon père Bernard Vermot-Desroches qui a enseigné toute sa vie à l’UQTR, il devenait naturel, et même symbolique, que j’y entre à mon tour.

Conférence à l’Univserité du Québec à Trois-Rivières avec la présence du professeur Bernard Vermot-Desroches, à la droite
On m’a d’abord confié le cours Communication écrite et médias, pour ensuite ajouter à mon horaire celui d’Écriture journalistique. Deux cours qui collaient parfaitement avec mon expérience de plus de 20 ans dans le domaine.
Enseigner son métier, c’est non seulement transmettre sa passion à la prochaine génération, mais c’est aussi entendre ce que cette génération a à nous dire. Comment s’informe-t-elle? De quelle façon entrevoit-elle le monde? Que souhaite-t-elle apprendre de nous? Qu’a-t-elle à nous apprendre?
Le monde universitaire, certes, avait évolué depuis que j’y avais moi-même étudié. Le développement des technologies, la pluralité des méthodes d’enseignement accélérées par la pandémie, mais également les exigences d’une génération toujours plus allumée et exposée à diverses sources d’information, ont assurément représenté un défi, mais davantage stimulant que contraignant.
Je me réjouis, par ailleurs, de voir qu’autant de femmes que d’hommes s’intéressent à mes cours, et donc à l’actualité et au journalisme. Et si quelques-unes d’entre elles me font parfois part de leurs craintes de ne pas voir leur rêve de devenir journaliste se réaliser, c’est davantage en raison de leur lecture du marché des médias, et non de leur position en tant que femme.
Pour bon nombre d’entre elles, être une femme n’a jamais été un obstacle dans leur parcours universitaire, et ça me réconforte.
Je n’ai aucune gêne à dire que depuis que je suis chargée de cours, je suis non seulement devenue une meilleure journaliste, mais également une meilleure personne. La contribution des étudiants à mon évolution professionnelle autant que personnelle y est pour beaucoup.

