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Les premières chroniqueuses en Mauricie, 1928-1940

Photographie en noir et blanc de la section « page féminine » du tirage du 7 avril 1928 du journal Le Nouvelliste. Les colonnes de droite de la page sont consacrées aux publicités alors que celles de gauche sont consacrées aux articles.

Exemple d’article dédié aux femmes dans Le Nouvelliste au début du XXe siècle

 

En octobre 1928, Onésime Héroux cède sa place à Hélène B.-Beauséjour, qui devient alors la première chroniqueuse féminine du journal. Hélène rédige chez elle, le soir, après avoir mis au lit les plus jeunes de ses dix enfants. Elle est rejointe à quelques reprises, à la fin de la décennie 1920,  par Françoise Godet-Smet, la créatrice de la revue Paysanna.

Elle est peu présente au bureau, puisque le pupitre de la page féminine n’est occupé qu’à partir de 1939 par Françoise Godin. Plus tard, dans un hommage posthume, sa fille Margot écrit « Je la revois toujours à la nuit tombée assise à la table de la cuisine, noircissant de sa fine et élégante écriture des pages et des pages de nos cahiers d’écoliers inachevés ».

Malgré les difficultés financières rencontrées au cours de la Crise économique des années 1930, Hélène poursuit sa passion de l’écriture.

Comme le ciel et comme le pays, immense est la tâche de la femme qui, chaque jour dans les obscurs et multiples travaux, doit puiser l’énergie qu’il faut pour faire aussi bonne que possible la vie de tous les siens.

– Hélène B.-Beauséjour, 1950

Photographie en noir et blanc de la journaliste Hélène B.-Beauséjour. Elle porte un chandail avec une boucle à son collet ainsi qu’un collier de perles.

Hélène Bauséjour, 1934

Photographie en noir et blanc d’Hélène B.-Beauséjour, son conjoint et ses dix enfants. Hélène B.-Beauséjour et son conjoint sont au centre de la photographie. À leur gauche, un fils est assis. À leur droite, trois des fils posent pour une photographie. Derrière eux se trouvent trois de leurs filles et un de leurs fils. Devant eux, deux enfants, un garçon et une fille, sont assis au sol.

Hélène Beauséjour et sa famille

 

Cette femme charmante m’a beaucoup appris sur le métier de chroniqueuse dès son arrivée au journal en 1928. Quelques années plus tard, j’ai également été inspirée par Adrienne Choquette, dont le parcours reflétait mes ambitions. Née à Shawinigan en 1915, Adrienne s’est orientée vers le journalisme dès l’âge de 18 ans.

J’ai découvert ses premières chroniques dans la page féminine « Madame, mademoiselle… et monsieur » du journal trifluvien Le Bien Public. Elle y a ensuite rédigé des nouvelles littéraires. Au cours de sa carrière, elle a collaboré avec une quinzaine d’autres journaux et de revues, dont Le Nouvelliste, et a écrit plusieurs recueils et livres, dont certains récits posthumes tels que Le temps des villages.

J’ai pris un grand plaisir à suivre son évolution, alors que j’entrais moi-même, à petits pas, dans le milieu journalistique.

Pour moi, je dois à mon village – ou à mon enfance- d’avoir appris à ne pas séparer le cœur humain d’avec lui-même […] précisément à cause de nos clôtures qui ceinturaient, pas seulement nos modestes jardins, mais qui barraient l’entrée à une confiance réciproque, j’ai peut-être appréhendé la cruauté du refus.

– Adrienne Choquette

Photographie en noir et blanc d’Adrienne Choquette et Claire Roy qui discutent. Les deux femmes sont debout devant un bureau.

Adrienne Choquette et Claire Roy le 30 avril 1963

Photographie en noir et blanc de la page « sport » du tirage du 15 novembre 1934 du journal Le Bien Public. Un encadré rose ajouté à droite lors du montage représente la signature agrandie d’Adrienne Choquette qui apparait dans un article du journal.

Article signé par Adrienne Choquette