Monument en hommage aux femmes en politique situé devant l’hôtel du Parlement du Québec
Appartenance Mauricie Société d’histoire régionale, Collection Kate Grenier, Kate Grenier
Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Idola St-Jean et Thérèse Forget-Casgrain, membres du Comité provincial pour le suffrage féminin fondé en 1922, suivies de Marie-Claire Kirkland, première femme députée (1961) et première femme ministre (1962) au provincial. Toutes sont particulièrement impliquées dans la défense des droits des femmes.
Au cœur de la première vague féministe au Québec, un grand nombre d’associations féminines voient le jour entre 1910 et 1940, tel que le Cercle des fermières. À l’image des premiers mouvements féministes occidentaux, les revendications des Canadiennes françaises s’ancrent sur une base maternaliste, puisqu’elles cherchent à donner plus de pouvoirs aux femmes afin qu’elles puissent mieux accomplir leur rôle de mère et d’épouse. Portées par la force de l’action collective, plusieurs organisations, dont le Comité provincial pour le suffrage féminin, font front commun pour militer en faveur du suffrage des femmes. Victorieuses, elles acquièrent le droit de vote en 1918 au fédéral.
Cependant, la société québécoise n’est pas unanime quant à l’obtention de ce droit par les femmes. L’opinion sociale de l’époque, teintée par le discours de l’Église catholique, n’autorise pas le suffrage féminin, qui mettrait l’emphase sur les femmes plutôt que sur les hommes. Les conventions de l’époque veulent que le rôle traditionnel de la femme en soit un de mère et de ménagère, réservé à la sphère domestique. Mises à l’écart de la sphère politique, le suffrage demeure inaccessible pour les femmes au provincial. C’est finalement en 1940, sous le gouvernement d’Adélard Godbout, que les efforts soutenus et persistants des militantes en faveur du suffrage universel portent fruit.