De la scène à la communauté : les premières figures de proue

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Photo en noir et blanc de cinq artistes d’opéra chinois debout en rang sur scène, face au public, vêtues de costumes traditionnels richement brodés.</span>
Cinq artistes d’opéra cantonais sur scène à Vancouver, vers les années 1930. Leurs élégants costumes de scène, inspirés davantage du cheongsam contemporain (aussi appelé qipao) que des tenues d’opéra traditionnelles, témoignent de la popularité de l’opéra cantonais au sein de la communauté sino-canadienne de Vancouver.

D’innombrables artistes et musicien·ne·s ont contribué à la pérennité de cet art au Canada depuis son apparition à Victoria dans les années 1860. Voici ceux et celles qui se distinguent :

Master Toa Wong 黃滔 (1914–2015)

Pionnier de la musique et de l’enseignement de l’opéra cantonais, Maître Toa Wong a immigré au Canada en 1961. Étant le premier joueur d’erhu de l’orchestre de la troupe d’opéra chinois Jin Wah Sing de Vancouver et le tout premier professeur de musique d’opéra cantonais du pays, il a formé plus de deux cents élèves. Par son enseignement et ses représentations, il a contribué à préserver l’opéra cantonais en tant que tradition vivante au Canada.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Portrait de Maître Toa Wong à un âge mûr, le regard fier, tenant un erhu.</span>
Maître Toa Wong a contribué à la constitution et à la documentation d’une importante collection de costumes d’opéra cantonais au Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique et a fait don de 586 enregistrements à l’Asian Library. Ces enregistrements, tirés de ses cours et de ses collections privées, reflètent ses décennies de travail comme musicien au sein de la Jin Wah Sing Musical Association.

Tse Gar Yin ​​謝家燕 (1918–2000)

Née à Guangzhou, Tse Gar Yin a grandi dans l’univers de l’opéra cantonais et a rejoint les rangs d’une troupe professionnelle alors qu’elle était une jeune femme. En 1938, elle a entrepris une tournée dans les quartiers chinois du Canada avant de s’installer à Toronto pendant la Seconde Guerre mondiale. Active sur scène jusque dans les années 1950 et 1960, elle est devenue une figure centrale de la communauté, prenant de jeunes artistes sous son aile et soutenant des événements culturels et des collectes de fonds.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Tse Gar Yin se tient au centre de la scène (à gauche) aux côtés d’un autre acteur d’opéra cantonais (à droite).</span>
Tse Gar Yin (à gauche) et un autre acteur d’opéra cantonais se produisent au Chinese Freemasons’ Hall de Toronto lors des célébrations du Nouvel An lunaire de 1946.

Ho Sing-Wah 何醒華 (1912–?)

Formé à Guangzhou et arrivé au Canada en 1939, Ho Sing-Wah a joué un rôle déterminant dans le rayonnementde l’opéra cantonais à Toronto. Chef d’orchestre, percussionniste et organisateur, il a cofondé plusieurs clubs d’opéra et de musique, notamment le Xiao Shao Music Club (簫韶音樂社), le Ge Sheng Music Club (歌聲音樂社), le Nan Hua Music Club (南華音樂社) et le Yet Hoy Cantonese Music Club (粵海音樂社). Pendant plus de trois décennies, il a contribué à transformer des rassemblements informels en institutions communautaires durables et à transmettre les traditions opératiques aux nouvelles générations.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Ho Sing-Wah et ses amis, vêtus de costumes, sourient à la caméra tout en tenant leurs instruments.</span>
Ho Sing-Wah (au centre), accompagné de Raymond Jai (à gauche) et d’un autre ami, pose avec ses instruments, alors qu’ils se préparent à se produire à l’occasion du défilé du 250e anniversaire de Detroit en 1951. Ils faisaient partie d’un groupe d’artistes sino-canadien·ne·s invité·e·s par la communauté chinoise de Detroit pour faire résonner les mélodies et l’esprit de l’opéra cantonais lors de cette célébration.

Beatrice Jai 廖瑤華 (1928-2017) et Raymond Jai 謝耀光 (1916-2004)

Né·e·s à Vancouver, Beatrice et Raymond Jai étaient membres de la Ching Won Music Association de la ville avant de s’installer à Toronto. En 1964, le couple a cofondé le Yet Hoy Cantonese Music Club, où Raymond occupait le poste de directeur musical. L’opéra a marqué à la fois leur vie professionnelle et leur vie familiale, les répétitions, les costumes et la musique faisant partie intégrante du quotidien de leur famille.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Raymond Jai joue du violon tandis que Beatrice Jai est assise à ses côtés, regardant directement l’appareil photo.</span>
Raymond et Beatrice Jai se produisant lors d’un événement à Toronto, vers la fin des années 1970.

Ce n’est qu’après avoir fait don des archives de mes parents que j’ai commencé à comprendre que cette musique faisait partie de la trame sonore du Canada

― Julie Jai (fille de Beatrice et Raymond Jai)