La voix, l’élocution et le langage musical

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Photo sépia montrant l’orchestre disposé en demi-cercle autour de deux chanteuses, tandis que Raymond Jai joue du violon à leurs côtés.</span>
Deux chanteuses et l’orchestre de la Ching Won Music Society en pleine représentation, vers les années 1940.

Le chant de l’opéra cantonais est très stylisé et nécessite des années de formation. Traditionnellement, les rôles masculins sont interprétés avec une voix naturelle (平喉), tandis qu’on utilise une voix plus aiguë de type fausset (子喉) pour les rôles féminins. Le style vocal reflète également l’âge, la personnalité et le statut d’un personnage. Les spectateurs et les spectatrices qui connaissent l’opéra cantonais peuvent souvent reconnaître un personnage rien qu’en écoutant quelques-unes de ses répliques.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Un jeune homme en costume chante aux côtés d’un violoniste et d’un petit orchestre.</span>
Un chanteur lors d’un spectacle du Yet Hoy Cantonese Music Club.

Les passages parlés alternent entre un langage poétique rimé et des dialogues de la vie quotidienne. Cette alternance entre chant et parole crée la fluidité qui caractérise l’opéra cantonais et contribue à guider les transitions émotionnelles d’une scène. 

Pour les communautés de la diaspora chinoise au Canada, cet univers sonore contribue à maintenir le lien culturel. Les mélodies, les timbres vocaux et les cadences rappellent leur terre d’origine, même lorsque les représentations sont adaptées à des lieux tels que les salles d’association, les centres communautaires ou les théâtres loués.

Écouter l’audio — [Extrait de Beatrice et Raymond Jai chantant l’opéra cantonais Luk Yee Shut 《六月雪》] <span style="font-weight: 400;">Portrait de Raymond et Beatrice Jai : Raymond se tient à gauche, portant un veston rouge et des lunettes à monture noire, tandis que Beatrice se tient à droite, maquillée pour la scène et portant une coiffe décorative, des boucles d’oreilles et un haut élaboré.</span>
Beatrice et Raymond Jai interprètent en duo une chanson tirée de l’opéra cantonais classique Luk Yee Shut (Neige en juin), un célèbre drame judiciaire mettant en scène Dou E, une jeune femme injustement accusée de meurtre.

Comment ce savoir se transmet aujourd’hui

Aujourd’hui, ces traditions se transmettent par le biais de cours, de mentorat et de programmes communautaires. À Toronto, le Starlight Chinese Opera Performing Arts Centre propose des ateliers où les élèves acquièrent les bases du chant, du mouvement et de la performance. À Calgary, des programmes jeunesse enseignent des techniques acrobatiques et scéniques inspirées de la formation en opéra. Les élèves apprennent en observant des artistes d’expérience, en répétant des numéros et en étudiant des enregistrements.

Si les fondements demeurent solides, les artistes s’adaptent également. Les productions peuvent raccourcir certaines scènes ou moderniser le langage pour un public contemporain. L’opéra cantonais continue d’évoluer, alliant tradition et créativité et gardant en vie le son qui lui est propre pour les nouvelles générations.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Trois jeunes portant des costumes élaborés exécutent des mouvements énergiques sur scène, devant une toile de fond sur laquelle est peinte une montagne.</span>
Trois élèves du Starlight Chinese Opera Performing Art Centre se produisant dans le spectacle « Les vedettes en herbe poussent avec Starlight 2013 » (« Little Starlets Shine with Starlight 2013 »).