Au Canada, l’opéra cantonais s’est d’abord popularisé à Victoria et à Vancouver grâce à des réseaux de tournées qui reliaient le sud de la Chine et Hong Kong aux Amériques. Entre les années 1920 et 1940, des troupes d’opéra professionnelles ont sillonné le globe, se produisant devant les communautés de la diaspora chinoise dans des villes telles que Honolulu, San Francisco, New York, Mexicali et La Havane. Ces circuits traversaient le Canada, suivant les voies ferrées et les quartiers chinois, faisant de Victoria, de Vancouver, de Toronto et de Montréal des escales importantes. Des troupes en tournée se sont également produites à Calgary, à Edmonton, à Winnipeg et à Moose Jaw.
De 1923 à 1947, la Loi de l’immigration chinoise a pratiquement interdit toute forme d’immigration en provenance de la Chine. Cependant, les artistes pouvaient toujours entrer au Canada grâce à des permis temporaires et certain·e·s, comme Tse Gar Yin, ont même pu rester au pays.
Les clubs de musique amateurs ont joué un rôle crucial dans la préservation de cette tradition. À partir des années 1930, des adeptes d’opéra et des musicien·ne·s ont fondé des sociétés d’opéra. Ces troupes se sont produites dans des théâtres, des salles d’association et des espaces communautaires. La mise en scène minimaliste permettait d’adapter facilement les spectacles à de nombreux types de lieux.
Auparavant, les représentations attiraient souvent un grand nombre de spectateur·trice·s fidèles parlant cantonais, et les opéras complets faisaient salle comble dans des théâtres de plus de 1 000 places. Aujourd’hui, le public est souvent moins nombreux et vieillissant. Parallèlement, les interprètes explorent des formats bilingues plus courts, de même que des productions fusion de plus grande envergure, pour toucher un plus large public. Ces spectacles peuvent encore faire salle comble, surtout lorsqu’ils sont accessibles aux personnes qui ne connaissent pas l’opéra cantonais. Dans les grandes villes canadiennes, l’opéra cantonais reste une forme d’art captivante mais en constante évolution, soutenue par des communautés passionnées qui trouvent de nouvelles façons de séduire de futurs publics.
L’auditoire a adoré l’histoire, surtout parce qu’elle était bilingue. L’opéra était donc plus facile à comprendre.