L’opéra cantonais utilise un vaste répertoire de mélodies communes, appelées qupai (曲牌). Plutôt que d’apprendre de toutes nouvelles chansons pour chaque opéra, les artistes adaptent ces mélodies en les accompagnant de nouvelles paroles et histoires. Si les paroles peuvent changer, les mélodies véhiculent des émotions que les spectateur·trice·s aux oreilles averties reconnaissent immédiatement, ce qui les aide à suivre l’intrigue et à s’imprégner de l’ambiance. Cette approche confère à l’opéra cantonais à la fois flexibilité et résilience, car la musique peut être retravaillée pour de nouvelles représentations sans pour autant rompre avec les générations passées.
Les opéras cantonais sont souvent classés en deux catégories : les opéras civils (文戲) et les opéras militaires (武戲). Centrés sur les émotions, les relations interpersonnelles et les dilemmes moraux, les opéras civils privilégient le chant, le dialogue et les gestes expressifs. Ces pièces racontent souvent des histoires d’amour, de loyauté, de trahison ou d’intrigues politiques. Parmi les opéras civils les plus connus, on peut citer Di Nü Fa (La princesse aux fleurs /La princesse Chang Ping《帝女花》) et La légende de l’épingle à cheveux violette《紫釵記》.
Les opéras militaires, quant à eux, regorgent d’action et mettent l’accent sur les combats et la virtuosité physique. Ce type de pièces se caractérisent par des combats chorégraphiés, des acrobaties, le maniement d’armes et des percussions puissantes qui rythment les scènes. Les personnages sont généralement des généraux ou des guerriers. Un exemple classique est l’opéra Wu Song combat le tigre《武松打虎》, dont les combats stylisés et les prouesses athlétiques mettent en avant l’héroïsme et le courage moral des personnages.