Les voix de la diaspora : leurs récits

Au début, jouer de la musique était secondaire. Ce qui comptait avant tout, c’était de se retrouver entre ami·e·s

― Kin Tsang Yu

L’opéra cantonais a été façonné et transformé par des artistes, des musicien·ne·s, des organisateur·trice·s et des familles dont les récits et les souvenirs nous relient à cette forme d’art vivante. À travers leurs témoignages, leurs photos et leurs enregistrements audio, nous découvrons le dévouement qui permet à cette musique de perdurer dans des communautés partout au Canada.

Les entretiens qui suivent retracent l’évolution de l’opéra cantonais au fil des générations. Chaque entretien offre une perspective distincte, et ensemble, ils montrent comment ce style théâtral a été préservé non seulement sur les scènes officielles, mais aussi dans les espaces moins visibles qui unissent les communautés : salons, sous-sols, salles de répétition, centres communautaires et clubs sociaux. Ces récits nous rappellent que l’opéra cantonais n’est pas seulement un héritage du passé : il s’agit encore aujourd’hui d’une pratique vivante et captivante.

Kin Tsang Yu

En tant que président du Club de musique cantonaise de Montréal Yuet Sing, Kin Tsang Yu représente une génération profondément ancrée dans la vie communautaire. Yuet Sing reste un lieu de rencontre incontournable pour les amateur·trice·s de musique et les adeptes d’opéra, qui peuvent y tenir leurs répétitions, s’y produire et y partager leur amour du répertoire – un lieu où des ami·e·s se réunissent depuis des décennies pour faire de la musique ensemble.

Écouter l’audio — Entretien avec Kin Tsang Yu <span style="font-weight: 400;">Côte à côte, Karen Tam et M. Yu sourient à la caméra au Club de musique cantonaise de Montréal Yuet Sing.</span>
Kin Tsang Yu se souvient des premières années de l’association musicale d’opéra cantonais de Montréal, fondée en 1970 sous la direction de Maître Cheng Chap Hei 鄭集希.

Julie Jai

Établie à Toronto et à Whitehorse, Julie Jai raconte l’histoire de ses parents, Beatrice et Raymond Jai, dont la vie a été façonnée par l’opéra cantonais. S’impliquant activement dans les communautés d’opéra de Vancouver et de Toronto, ses parents ont contribué à soutenir les réseaux de performance de la diaspora à travers le Canada. Julie a grandi dans cet univers; enfant, elle se produisait parfois sur scène, mais elle s’imprégnait surtout de la musique, de la langue et des rythmes de l’opéra, qui faisaient partie intégrante de son quotidien. Aujourd’hui, le travail qu’elle a accompli pour préserver le legs de ses parents reflète un acte personnel de bienveillance et de transmission culturelle, garantissant que leurs voix continuent de résonner pour les générations futures.

Écouter l’audio — Entretien avec Julie Jai <span style="font-weight: 400;">Portrait de Julie Jai assise à une table, souriant doucement à la caméra. Elle porte un blazer coloré, des boucles d’oreilles en perles et des lunettes de vue.</span>
Julie Jai parle du travail de ses parents dans le monde de l’opéra cantonais à Vancouver et à Toronto, ainsi que de l’importance des contributions des Canadien·ne·s d’origine chinoise à la culture canadienne.

Rosa Cheng

À Vancouver, Rosa Cheng, fondatrice et directrice artistique de la société Vancouver Cantonese Opera, sort l’opéra cantonais des sentiers battus. Passionnée par cette forme d’art, elle explore la manière dont la performance communautaire peut évoluer grâce à des « opéras fusion » qui allient la mise en scène traditionnelle à des récits contemporains interprétés en deux langues. Dans cet entretien, Rosa Cheng parle de l’opéra fusion Le rêve de l’accessoiriste en chef (The Prop Master’s Dream).

Écouter l’audio — Entretien avec Rosa Cheng <span style="font-weight: 400;">Karen Tam et Rosa Cheng se tiennent debout à l’extérieur, les bras l’une autour de l’autre. Tout sourire, Karen a les yeux fermés.</span>
Rosa Cheng partage son inspiration tirée de la vraie vie qui l’a poussée à écrire son opéra fusion intitulé Le rêve de l’accessoiriste en chef (The Prop Master’s Dream).

Alice Chan

Enfin, Alice Chan, présidente et directrice du Starlight Chinese Opera Performing Arts Centre de Toronto, s’efforce d’éveiller l’enthousiasme des jeunes générations et du grand public pour l’opéra cantonais. Diplômée de l’Académie des arts du spectacle de Hong Kong (HKAPA), Alice Chan a consacré sa carrière à la scène, à l’enseignement et au mentorat. Grâce à des ateliers ouverts au public, à des concerts, à des programmes destinés aux jeunes et à des efforts de promotion, elle favorise la transmission intergénérationnelle de cet art.

Écouter l’audio — Entretien avec Alice Chan <span style="font-weight: 400;">Portrait d’Alice Chan debout sur un fond blanc. Ses cheveux courts sont séparés sur le côté et elle porte des lunettes et un blazer noirs.</span>
Alice Chan revient sur ce qui l’inspire et sur sa détermination à transmettre son amour de l’opéra cantonais et de l’opéra chinois aux générations futures.