Dans l’opéra cantonais, les costumes et le maquillage servent de langage visuel. L’auditoire apprend à « déchiffrer » un personnage à travers le symbolisme des couleurs, des tissus, des coupes, des coiffures et des traits maquillés. Chaque détail renvoie au statut social, à la personnalité, à la moralité et au rôle dramatique du personnage, ce qui fait du symbolisme un élément essentiel à la compréhension de la performance.
Le maquillage
Les interprètes sont en grande partie autonomes, passant des heures avant chaque représentation à s’habiller, à se coiffer et à se maquiller. Un baume chinois est appliqué sur les cheveux pour maintenir les coiffes et ornements en place. Les artistes se maquillent selon un ordre précis, bien qu’il varie en fonction du rôle. Les rôles masculins ont généralement des sourcils marqués et affirmés, tandis que des formes plus douces et effilées sont privilégiées pour les rôles féminins. Ces conventions communes définissent ainsi le genre de manière théâtrale plutôt que biologique.
Le symbolisme des couleurs des costumes
Par leur symbolisme, les couleurs des costumes contribuent aussi à façonner le sens : le rouge suggère la loyauté et le courage; le jaune et l’or symbolisent la royauté ou la divinité; le bleu et le vert représentent souvent les guerrier·rière·s ou les hors-la-loi; le blanc peut évoquer le deuil ou la trahison; et le noir exprime l’intégrité. Les manches d’eau flottantes mettent en valeur la retenue et l’émotion, tandis que les armures richement brodées et les drapeaux fixés au dos véhiculent le statut militaire et le rang. Des chapeaux d’érudits aux casques à plumes des généraux, les coiffes donnent vie aux personnages.