Contrairement à la musique classique occidentale, qu’on lit généralement à partir d’une partition (notation sur portée), la musique de l’opéra cantonais s’apprend traditionnellement par l’écoute, la répétition et l’apprentissage en atelier. Les musicien·ne·s et les chanteur·teuse·s se formaient à l’aide de l’enseignement oral et de répétitions en groupe plutôt que d’utiliser des partitions fixes, ce qui reflète la nature fluide et collaborative de cette forme d’art.
Pour les communautés de la diaspora chinoise au Canada, cet univers sonore a également été un moyen de maintenir leur lien avec leur culture et leur terre d’origine. Les mélodies, les styles de chant et les rythmes familiers portent en eux des souvenirs et des histoires communes, même si les communautés se sont adaptées à de nouveaux environnements.
Partitions écrites
Un système de notation couramment utilisé pour la musique chinoise moderne est le jianpu (简谱), ou la notation chiffrée. Vous verrez ci-dessous un magnifique exemple de partition, écrite à la main par Raymond Jai, qui illustre comment la musique pouvait être transcrite et partagée. La notation écrite est devenue un autre moyen de transmission, permettant aux gens de répéter, d’apprendre et d’interpréter des chansons dans le confort de leur maison et au sein de leurs communautés.
Bon nombre de Canadiennes et Canadiens d’origine chinoise n’ont pas appris à lire le chinois dans leur enfance, comme Beatrice et Julie Jai. Pour leur permettre tout de même d’apprendre et d’interpréter les chansons, les paroles sont donc accompagnées de leurs transcriptions phonétiques. Ces adaptations montrent comment la tradition a évolué pour demeurer accessible au-delà des langues et des générations.
Pour apprendre cette musique par moi-même, j’ai converti la notation chiffrée en notation occidentale sur portée, ce qui m’a permis de jouer la pièce au piano et de comprendre la mélodie. J’ai également enregistré le morceau, afin que vous puissiez l’écouter et le suivre en comparant la manière dont le jianpu se traduit en notation occidentale.
Ensemble, ces différentes méthodes – enseignement oral, partitions manuscrites, guides phonétiques et transcription – montrent comment on continue de transmettre, d’adapter et de garder en vie la musique d’opéra cantonais.