L’orchestre d’opéra cantonais

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Photo de groupe de la Ching Won Music Society, dont les membres sont assis·e·s avec leur instrument devant une banderole.</span>
Photo de groupe de la Ching Won Music Society, le 9 septembre 1939, à Vancouver.

Traditionnellement, une représentation d’opéra complète requiert entre 10 et 20 musicien·ne·s, bien que des ensembles plus modestes se produisent indépendamment des spectacles mis en scène, ce qui a permis aux clubs de musique de prospérer aux côtés des aux sociétés d’opéra. Au Canada, ceux-ci ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’opéra cantonais en dehors des salles de théâtre, en particulier lorsque les productions complètes étaient rares ou difficiles à organiser. Des groupes tels que la Ching Won Musical Society de Vancouver interprétaient non seulement le répertoire opératique, mais offraient également un accompagnement musical lors de festivals, de banquets et d’événements communautaires.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Dans une photo prise sur le vif lors d’une répétition, deux personnes chantent entourées de trois musiciens avec leur instrument en main, posé sur leurs cuisses.</span>
Répétition d’un opéra cantonais par la Ching Won Music Society, 1980. Après le travail, les membres s’exercent à chanter et à jouer de la musique, perpétuant ainsi une longue tradition de création musicale communautaire à Vancouver.

Lors des représentations, les musicien·ne·s sont visibles du public et observent attentivement les artistes sur scène pour s’ajuster en temps réel et improviser tout en restant dans des motifs musicaux familiers. Ce dialogue entre acteur·trice·s et musicien·ne·s confère à l’opéra cantonais toute son énergie et témoigne du talent exigé de chaque personne sur scène.

Depuis les années 1920 et 1930, des ensembles d’opéra cantonais ont intégré des instruments d’autres traditions musicales comme le violon, la guitare, les congas et le saxophone afin d’élargir leur palette sonore et de s’adapter à la disponibilité des musicien·ne·s de leur région. Aujourd’hui, les orchestres contemporains mélangent instruments traditionnels, guitares électriques, claviers et autres sons modernes. Afin d’attirer de nouveaux publics, l’opéra cantonais a évolué pour intégrer des genres tels que le jazz, la pop et même le rap, tout en conservant les structures mélodiques et percussives qui le caractérisent.

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Photo en noir et blanc prise depuis le côté de la scène alors que la troupe d’opéra cantonais Jan Wah Sing est en pleine représentation. Les membres de l’orchestre se tiennent derrière leurs pupitres à gauche, tandis que quatre artistes occupent le centre de la scène.</span>
À côté de la scène, un orchestre joue de la musique pendant un spectacle de la troupe Jan Wah Sing (vers 1933 et 1941).

Les instruments d’un orchestre d’opéra cantonais

<span style="font-weight: 400;">Dessins détaillés au crayon d’instruments : un tympanon, un luth à caisse ronde, un violon à deux cordes frottées, un luth à cordes pincées en forme de poire, un violon, un saxophone, des flûtes et un instrument à vent à anche double, un gong, des cymbales, des tambours et des blocs de bois.</span>
Agrandir l’image — Instruments d’un orchestre d’opéra cantonais

Le luo (鑼) est un gong.

Les bo (鈸) sont des cymbales.

Les bangzi (梆子) sont de grands blocs rectangulaires et les duk/dik (督/滴) sont des blocs trapézoïdaux de plus petite taille.

Le gu (鼓) est un tambour qui marque les entrées et les sorties, met en valeur les dialogues, accompagne les combats et intensifie les scènes émotionnelles.

Le shagu ou shade (沙鼓) est un tambour.

Le suona (嗩吶) est un instrument à anche double réservé aux scènes intenses, aux moments cérémoniels ou aux démonstrations d’arts martiaux.

Le saxophone est utilisé pour sa sonorité riche et son effet dramatique, ajoutant parfois une touche d’inspiration jazz ou pop aux performances.

Le dizi (笛子) est une flûte traversière en bambou qui introduit des moments de légèreté ou de mélancolie.

Le xiao (簫) est une flûte verticale qui ajoute une touche dramatique.

Le yangqin (揚琴) est un tympanon. Produisant un son clair et résonnant, c’est un instrument de premier plan dans l’ensemble.

Le yueqin (月琴) est un luth à caisse ronde souvent appelé « guitare-lune ».

Le pipa (琵琶) est un luth à cordes pincées en forme de poire, réputé pour ses passages rapides et virtuoses.

Écouter l’audio — [Extrait du duo au violon et au pipa de Beatrice et Raymond Jai] <span style="font-weight: 400;">Illustration d’un </span><i><span style="font-weight: 400;">pipa</span></i><span style="font-weight: 400;">, un luth à quatre cordes en forme de poire. </span>
Extrait de la performance de Beatrice et Raymond Jai au violon et au pipa, interprétant la chanson Nuages colorés poursuivant la lune《彩雲追月》.

L’erhu (二胡) est un violon à deux cordes frottées, aux sonorités chaudes et expressives.

Le violon peut doubler ou renforcer les mélodies traditionnelles, ajoutant chaleur et expressivité.

Quelques-uns des nombreux instruments joués par un orchestre d’opéra cantonais.