Michel Dallaire

Extrait de Michel Dallaire – Designer industriel. Musée de la civilisation, exposition Dallaire. De l’idée à l’objet, 2017


[À l’extérieur, Michel Dallaire est assis sur un banc public.] Michel Dallaire : Je pense que mon approche du design est une approche minimaliste. J’essaie d’arriver à un objet qui est le plus épuré possible. J’essaie d’aller au minimum de l’expression. [Dans une vidéo d’archives, les derniers relayeuse et relayeur, Sandra Henderson et Stéphane Préfontaine, courent vers le Stade olympique, leurs mains jointes sur le manche de la torche olympique.] Par exemple, quand j’ai conçu la torche olympique, ce que je voulais faire, c’est que je voulais donner toute la place à la flamme, et je considérais l’objet comme un outil pour transporter une flamme. [Une photographie montre la torche au manche en aluminium rouge, décoré du logo blanc des Jeux. Une flamme s’élève de sa partie supérieure foncée et ajourée. Puis, dans une vidéo, Sandra Henderson et Stéphane Préfontaine allument conjointement la vasque olympique.] Voix off vidéo de la cérémonie : Ce sont les flashs électroniques de partout dans le… [Michel Dallaire marche dans une allée bordée d’arbres et sourit, puis poursuit son témoignage sur le banc.] Michel Dallaire : Souvent, les gens me demandent d’identifier quel est l’objet dont je suis le plus fier. Et finalement, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait avec beaucoup de détermination, beaucoup d’enthousiasme. Évidemment, il y a des projets plus importants, de par leur côté emblématique, comme par exemple la torche olympique. C’est sûr que des centaines de millions de personnes ont vu la torche olympique. [Des images vidéo présentent tour à tour : le square Victoria par une journée ensoleillée, le Quartier des spectacles, une station de vélos BIXI, puis une piste cyclable.] Ce qui m’intéresse dans le design, c’est le défi. Le défi de créer une forme qui va d’abord me surprendre. Parce que si je me surprends, j’ai de bonnes chances de surprendre le consommateur. [Michel Dallaire se tient debout devant des BIXI alignés dans une station, puis poursuit son témoignage sur le banc.] Je pense que pour être designer, il faut avoir une grande curiosité. Il faut stimuler son imaginaire. On peut exprimer la solidité, on peut exprimer la robustesse et, en même temps, exprimer l’élégance. C’est un peu ce qui est arrivé avec le BIXI. Quand j’ai imaginé le BIXI, la première image qui m’est venue à l’esprit, c’est le boomerang. Parce qu’un boomerang, ça revient. Je l’ai exprimé dans le cadre et finalement c’est devenu la signature du BIXI. [Un usager rapporte un BIXI dans une station.]