L’art et la culture au cœur des Jeux

Ça peut sembler étonnant, mais les arts accompagnent les exploits sportifs depuis l’Antiquité. Pourquoi? Un esprit sain dans un corps sain, dit-on! Comme les Jeux visent à promouvoir l’harmonie, la diversité et l’ouverture, quoi de mieux que la culture pour ce faire?

Détails de l’image — Sur la page couverture blanche d’un livre, les lettres formant les mots, arts et culture, s’intercalent entre des images variées et colorées. Les images illustrent ces thèmes. Le logo rouge des Jeux de Montréal figure en haut à gauche.
Livre, Programme Arts et Culture
Détails de l’image — Le feuillet du Programme Arts et Culture des Jeux olympiques de Montréal comprend la photographie d'un violon et des bandes arc-en-ciel qui jaillissent, telle l'eau d'une fontaine. Il annonce un concert de l'Orchestre symphonique de Montréal, mettant en vedettes le chef Neil Chotem et le violoneux Jean, Ti-Jean, Carignan.
Feuillet, Programme Arts et Culture

Dans l’Antiquité, environ 800 ans avant notre ère, les gens qui assistaient aux Jeux pouvaient apprécier le travail de peintres, de céramistes et de poètes qui créaient des œuvres inspirées par les exploits des athlètes. Les Jeux proposaient aussi des performances musicales, théâtrales et de cirque pour amuser les foules.

Détails de l’image — Quatre musiciennes et musiciens jouent devant le Village olympique de Montréal. Ils se tiennent debout en cercle sur le gazon. L’un joue de la guitare, un homme et une femme jouent du violon, et une quatrième musicienne joue du piano à bouche.
Musiciennes et musiciens au Village olympique, 9 juillet 1976

À Montréal, dans le cadre du Programme arts et culture du COJO, plus de 3 000 artistes vont offrir 6 000 heures de spectacle. Les rues, les parcs et les théâtres de tous les quartiers accueillent ces spectacles gratuits. Parmi les artistes, on retrouve l’auteur-compositeur, musicien et interprète Robert Charlebois, les Petits Chanteurs du Mont-Royal, le clown Sol et le duo Les Mimes électriques. Un véritable record olympique est établi… pour la place accordée à la culture aux Jeux!

L’affaire Corridart

Connais-tu l’artiste et architecte montréalais Melvin Charney? Certaines de ses grandes œuvres sont installées de façon permanente à la Place Émilie-Gamelin et au Centre Canadien d’Architecture.

Dans le cadre du Programme art et culture du COJO, plusieurs artistes, dont Charney, participent à Corridart, une grande exposition d’œuvres monumentales installées le long de la rue Sherbrooke, entre l’avenue Atwater et le boulevard Pie-IX, pour accompagner le public vers le Parc olympique. Charney propose une œuvre qui réfère à un bâtiment patrimonial détruit sous la mairie de Drapeau pour moderniser Montréal.

Détails de l’image — En noir et blanc, l'oeuvre d'art public intitulée <em>Les maisons de la rue Sherbrooke</em> de l'artiste Melvin Charney se dresse dans Montréal. Deux fausses façades imitent les résidences historiques du quartier, devant de hauts échafaudages.
L’exposition Corridart, 7 juillet 1976

Quelques jours avant l’ouverture des Jeux, dans la nuit du 13 au 14 juillet et sans préavis, Corridart est démantelé. Beaucoup d’œuvres sont endommagées, certaines sont laissées au dépotoir et d’autres simplement détruites. Le maire Drapeau évoque des enjeux de sécurité publique et d’obscénité. En fait, Drapeau est dérangé par les œuvres qui critiquent ses décisions des dernières décennies. C’est encore aujourd’hui un des événements de censure artistique les plus importants de l’histoire du Canada.

Détails de l’image — Dans Montréal, une femme brandit une banderole où est écrit : Corridart dans la rue Sherbrooke. Une autre fixe du regard une feuille de papier entre ses mains. D’autres portent des photographies grand format en noir et blanc de bâtiments historiques.
Manifestation de l’organisme Sauvons Montréal contre la démolition de l’exposition Corridart, 16 juillet 1976