Jean Drapeau est d’abord maire de Montréal de 1954 à 1957. Le jeune avocat n’a que 38 ans lorsqu’il accède à la mairie. Mais c’est surtout à sa réélection en 1960 qu’il laisse sa marque : sa promesse de construire le métro rallie la population montréalaise. Il lance également les chantiers des autoroutes Métropolitaine et Décarie, de la Place des Arts ainsi que de la Maison de Radio-Canada, et accueille Expo 67, qui génère près de 50 millions de visites.
Drapeau voit encore plus grand!
En 1963, alors qu’il visite le Musée Olympique à Lausanne, en Suisse, il découvre qu’au-delà du sport, l’olympisme cherche à transmettre des valeurs universelles : l’excellence, le respect et l’amitié. Celles-ci sont inspirées de la pensée de Pierre de Coubertin, l’artisan de la renaissance des Jeux olympiques modernes. Le maire a alors une vision : Montréal doit absolument accueillir les Jeux olympiques! Quoi de mieux pour inspirer la jeunesse?
La ville soumet d’abord sa candidature en 1965, mais c’est la ville de Munich, en Allemagne, qui est choisie. En 1969, à sa deuxième tentative, Montréal l’emporte sur Moscou, la capitale de l’Union soviétique, et Los Angeles, aux États-Unis! Elle devient alors la première ville canadienne à présenter les Jeux olympiques.
Dans la mémoire collective, le règne du maire Drapeau évoque aussi la disparition de plusieurs quartiers populaires. Entre 1950 et 1970, environ 120 000 Montréalaises et Montréalais doivent se reloger.
Dans l’est de la ville, près du pont Jacques-Cartier, le quartier défavorisé surnommé « Faubourg à m’lasse » est rasé pour la construction de la Maison de Radio-Canada. M’lasse est la contraction de mélasse, un sirop utilisé par les familles pauvres au lieu du sucre. Vers l’ouest, près du pont Victoria, c’est le quartier surnommé « Goose Village », jusqu’alors habité par une population immigrante européenne (Angleterre, Irlande, Écosse, France) et des gens venus de la campagne, qui disparaît pour la construction de l’autoroute Bonaventure et de l’Autostade d’Expo 67.