Les chansons, les formes et le répertoire

Détails de l’image — <span style="font-weight: 400;">Portrait de groupe avec Alice Chan, qui se tient debout au centre aux côtés de membres et de parents devant l’installation </span><i><span style="font-weight: 400;">Parfum des foudres</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Karen Tam.</span>
Les membres et les élèves du Starlight Chinese Opera, avec Alice Chan au centre, posent devant l’installation Parfum des foudres, présentée dans le cadre de la programmation publique de la Biennale d’art de Toronto 2024.

L’opéra cantonais utilise un vaste répertoire de mélodies communes, appelées qupai (曲牌). Plutôt que d’apprendre de toutes nouvelles chansons pour chaque opéra, les artistes adaptent ces mélodies en les accompagnant de nouvelles paroles et histoires. Si les paroles peuvent changer, les mélodies véhiculent des émotions que les spectateur·trice·s aux oreilles averties reconnaissent immédiatement, ce qui les aide à suivre l’intrigue et à s’imprégner de l’ambiance. Cette approche confère à l’opéra cantonais à la fois flexibilité et résilience, car la musique peut être retravaillée pour de nouvelles représentations sans pour autant rompre avec les générations passées.

Les opéras cantonais sont souvent classés en deux catégories : les opéras civils (文戲) et les opéras militaires (武戲). Centrés sur les émotions, les relations interpersonnelles et les dilemmes moraux, les opéras civils privilégient le chant, le dialogue et les gestes expressifs. Ces pièces racontent souvent des histoires d’amour, de loyauté, de trahison ou d’intrigues politiques. Parmi les opéras civils les plus connus, on peut citer Di Nü Fa (La princesse aux fleurs /La princesse Chang Ping《帝女花》) et La légende de l’épingle à cheveux violette《紫釵記》.

Voir la vidéo — Mini-représentation de Starlight Chinese Opera <span style="font-weight: 400;">Deux artistes d’opéra cantonais, incarnant respectivement un rôle masculin et un rôle féminin, apparaissent dans des costumes élaborés et majestueux, avec des coiffes somptueuses, lors d’une mini-représentation sur la scène de </span><i><span style="font-weight: 400;">Parfum des foudres</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span>
Les élèves du Starlight Chinese Opera se produisent dans une mini-représentation d’une scène tirée de La princesse aux fleurs 《帝女花》, présentée dans l’installation Parfum des foudres à la Biennale d’art de Toronto, tandis que les auditeur·trice·s sont assis·e·s tout près de la scène, pouvant presque toucher les artistes. Beaucoup de personnes dans l’auditoire ont l’impression d’être en plein cœur de la scène, captivées par les mouvements, les gestes, les costumes, le chant et la musique.

Les opéras militaires, quant à eux, regorgent d’action et mettent l’accent sur les combats et la virtuosité physique. Ce type de pièces se caractérisent par des combats chorégraphiés, des acrobaties, le maniement d’armes et des percussions puissantes qui rythment les scènes. Les personnages sont généralement des généraux ou des guerriers. Un exemple classique est l’opéra Wu Song combat le tigre《武松打虎》, dont les combats stylisés et les prouesses athlétiques mettent en avant l’héroïsme et le courage moral des personnages.