L’envers de la médaille

Après un départ lent des chantiers du Parc olympique, une catastrophe économique frappe le monde en 1973 : une période d’inflation économique incontrôlable. Les prix de tout ce qu’on achète augmentent rapidement et dépassent les moyens financiers de la population. L’effet est désastreux sur les chantiers olympiques, car les prix des matériaux explosent. Par exemple, le prix de l’acier, essentiel pour renforcer l’intérieur des structures de béton, passe de 200 $ à 1 200 $ la tonne.

Détails de l’image — Une caricature en noir et blanc montre le maire Jean Drapeau écrivant un calcul, à la craie, sur un tableau noir : un milliard divisé par deux. Il explique : En divisant le déficit global par le nombre de Jeux olympiques, on réduit ce déficit de moitié, vous me suivez?
Jean Drapeau réduit le déficit de moitié en proposant d’accueillir les Jeux de 1984
Détails de l’image — Une caricature en noir et blanc montre le maire Jean Drapeau figé, aux prises avec les cinq anneaux olympiques qui évoquent des cerceaux. Il en tient deux en l’air et s’appuie sur un troisième. Un quatrième anneau entoure son cou, tandis qu’un dernier encercle sa cheville.
Jean Drapeau perd le contrôle

Il y a une autre conséquence majeure à l’inflation : les salaires négociés par les travailleuses et travailleurs ne sont plus adéquats. Comme les employeurs refusent de les augmenter, les syndicats déclenchent deux grèves majeures, en 1974 et en 1975. Celles-ci retardent la construction du Stade, de la piscine et du vélodrome. Résultat : les chantiers avancent très lentement.

Détails de l’image — En noir et blanc, cinq travailleurs coiffés de casques de chantier entourent un panneau d’arrêt devant le Vélodrome en construction. Sur le t-shirt de l’un d’eux est notamment écrit : Je veux mon 50 cents.
Grève des ouvriers de la construction du Vélodrome, 18 septembre 1974

À tous ces enjeux s’ajoute celui de la corruption. L’architecte Roger Taillibert affirme que le béton était détourné des chantiers pour être livré en ville et dans les environs « sur des sites où l’on construit des villas et des piscines aux frais de la Ville ». Oui, oui : des piscines!

En 1975, trop inquiet, le gouvernement du Québec retire la gestion du chantier au maire Drapeau et la confie à Victor Goldbloom, ministre de l’Environnement et des Affaires municipales du Québec.

Finalement, le coût global du Parc olympique s’élève à 2,4 milliards de dollars et la dette olympique est entièrement remboursée à l’été 2006. Ouf!

Le financement

Le maire Drapeau affirme sans cesse que les Jeux se financeront. En janvier 1973, il déclare qu’ils seront entièrement payés par trois moyens de financement : la monnaie, les timbres et la loterie olympique. Eh bien non, le 11 mai 1976, une quatrième source de financement doit être ajoutée : la taxe sur le tabac.

Monnaie et timbres

Partout dans le monde, il est possible d’acheter des pièces de monnaie et des timbres de collection à l’image des Jeux de 76.

Détails de l’image — En noir et blanc, le maire Jean Drapeau, le commissaire général des Jeux olympiques, Roger Rousseau, et le ministre fédéral des Postes Bryce Mackasey présentent trois timbres olympiques, en grand format.
Lancement de la dernière série de timbres commémoratifs des Jeux olympiques de Montréal, 18 juin 1976

Loterie olympique

La loterie olympique est la première à offrir un gros lot d’un million de dollars au Canada. Les premières gagnantes sont des employées québécoises d’une compagnie de cigarettes qui se divisent le montant. Les billets se vendent 10 $ et la loterie permet de récolter 235 millions de dollars pour financer les Jeux.

Détails de l’image — Un billet de Loterie olympique Canada, au prix de dix dollars, précise notamment son numéro de spécimen, la date du tirage fixée au 15 avril 1974 et le montant du premier prix d’un million de dollars.
Billet, Loterie Olympique Canada

Taxe sur le tabac

À l’approche des Jeux, le gouvernement provincial annonce une hausse de taxe sur le tabac pour aider à éponger la dette olympique. Cette taxe est l’une des sources de revenus principales qui permettent de compléter le remboursement en 2006.

Détails de l’image — Une caricature en noir et blanc montre deux femmes en robes courtes. Debout, la plus corpulente couverte de bijoux demande à une fumeuse assise si elle a une cigarette. Celle-ci lui répond : Non, va-t’en acheter. Ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent éponger le déficit.
Pas toujours les mêmes qui doivent éponger le déficit olympique