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L’art d’Hortense P. Douglas Cantlie : valoriser l’illustration médicale à l’Hôpital général de Montréal

Photographie en noir et blanc d'un enfant en vêtements d'hiver posant sur un chemin enneigé.

Hortense Douglas Cantlie à l’âge de 9 ans, 1910.

La trajectoire professionnelle de l’illustratrice médicale Hortense P. Cantlie (Douglas) témoigne d’un moment charnière dans l’histoire de la médecine à Montréal. Née à New York en 1901, Hortense et sa famille déménagent bientôt à Montréal. Devenue sourde pendant son enfance, elle apprend à lire sur les lèvres et fréquente l’École Miss Edgar et Miss Cramps, une école privée prestigieuse. Elle étudie le dessin au fusain à la Montreal Art Association, et suit à New York des cours de croquis d’après modèle vivant.

Page d'album photo noire contenant des notes manuscrites à l'encre blanche et des images noir et blanc ou sépia présentant des enfants, des étudiants, des animaux et des familles.

Page biographique de Hortense Douglas Cantlie et sa famille, tirée d’un album dédié à Max Brödel lors de son départ à la retraite.

Étant membre de la Junior League et formée aux beaux-arts, elle devient bénévole au département de pathologie de l’Hôpital général de Montréal en 1923. Elle y réalise « des dessins à l’aquarelle à partir de spécimens présentant un intérêt particulier ». En 1925, elle suit une formation au département d’Art appliqué à la médecine de l’Université Johns Hopkins. Une fois son diplôme obtenu, elle reprend l’année suivante ses fonctions en tant qu’illustratrice médicale qualifiée et employée à l’Hôpital général de Montréal.

Illustration médicale réalisée à l'aquarelle dans des tons rouges et orangés représentant une affection utérine. L'image, annotée au centre en bas, est signée et datée à droite sous l’illustration.

Illustration à l’aquarelle réalisée par Hortense Douglas Cantlie en 1924.

Illustration médicale réalisée à l'aquarelle dans des tons violets et pêche, montrant une main aux doigts enflés et aux ongles abîmés. Signée et datée en bas à droite.

Illustration à l’aquarelle réalisée par Hortense Douglas Cantlie en 1924.

Dans son rapport annuel de 1925, l’hôpital reconnaît la valeur du travail d’Hortense, soulignant que

dans tout hôpital, l’illustration médicale n’est pas un luxe, et c’est particulièrement vrai dans un hôpital universitaire.

Au milieu des années 1920, on assiste à l’émergence du modèle d’enseignement médical « du laboratoire au chevet du patient ». Progressivement, la science, la recherche et la pratique clinique vont se voir accorder une place égale au sein du programme d’études. Le parcours de Cantlie, de bénévole à illustratrice professionnelle à l’Hôpital général de Montréal, témoigne du fait que l’illustration médicale est désormais reconnue comme essentielle à ce nouveau modèle.

Illustration médicale en noir et blanc montée sur carton gris, avec une étiquette apposée sous le dessin. Le dessin, qui présente une maladie rénale, est réalisé à la poudre de carbone et signé en bas à droite.

Illustration sur carton réalisée par Hortense Douglas Cantlie en 1926.

Les archives de l’artiste contiennent des illustrations réalisées avant et après sa formation, de même que des versions préliminaires de ses travaux avec le neurologue Wilder Penfield. Ses dessins postérieurs à 1925 témoignent de sa maîtrise du pointillé et de la poudre de carbone, techniques propres à ce domaine à l’époque. Ses instruments de dessin ont également été conservés.

Photo en couleur montrant un coffret entrouvert avec un intérieur feutré foncé contenant de petits outils en métal et en os.

Instruments de dessin ayant appartenu à Hortense Douglas Cantlie.

 

L’œuvre la plus célèbre d’Hortense Cantlie est l’homoncule. Ce personnage humain déformé, superposé à une représentation du cerveau, illustre la façon dont le cortex cérébral traite les informations sensorielles provenant de diverses régions du corps. Cette représentation visuelle, découlant des recherches menées par Penfield sur la cartographie cérébrale dans les années 1930-1950, est devenue un symbole emblématique des neurosciences. En tant qu’illustratrice principale de Penfield, c’est elle qui a créé les premiers dessins de l’homuncule pour ses livres et articles. Son travail artistique a été déterminant dans la représentation visuelle de ce concept ainsi que dans son influence répandue.

Dessin au trait noir sur papier vieilli teinté, représentant des parties anatomiques aux proportions exagérées.

Première illustration de l’homoncule réalisée par Hortense Douglas pour le Dr Wilder Penfield à l’Institut neurologique de Montréal, 1941.