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Harriet Blackstock à McGill, une pionnière de la précision

Article de magazine en noir et blanc présentant le portrait circulaire d'une femme, centré en haut de la page.

Harriet Blackstock (1894-1990)

Voilà qui nous mène à l’aspect central de l’illustration médicale: l’image doit savoir communiquer en un coup d’œil ce que le médecin veut, mettre en évidence, le reste devant être relégué au second plan, quoique beaucoup plus que ce qu’un appareil photo révélerait, histoire de clarifier le récit.

– Harriet Blackstock

Photo en noir et blanc d'une femme portant une blouse blanche et des gants en caoutchouc, regardant un morceau de papier qu'elle tient entre ses mains.

Harriet Blackstock à la Johns Hopkins Medical School, Baltimore, vers 1922.

Harriet Blackstock nait en 1894 à Toronto. Elle fait des études à la Slade School of Art au Royaume-Uni, puis travaille en tant qu’infirmière bénévole pendant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, un médecin l’encourage à tenter sa chance comme illustratrice médicale pour des revues canadiennes. Ceci l’amène à étudier auprès de Max Brödel à l’Université Johns Hopkins.

En 1922, Blackstock est engagée au tout nouveau département d’Art appliqué à la médecine de McGill. Les premières archives du département révèlent l’importance croissante de l’illustration médicale dans les hôpitaux de Montréal, pôle médical de l’époque. Harriet Blackstock y a créé des outils pédagogiques inestimables, allant de guides chirurgicaux minutieux à des modèles en cire.

Scan d'une lettre dactylographiée avec une réponse manuscrite en bas de page.

Lettre adressée au Dr Penfield au sujet d’illustrations originales de Harriet Blackstock.

Un article du magazine Maclean’s paru en 1929 révèle un aperçu rare et détaillé du travail de Blackstock, tant dans la salle d’opération de l’Hôpital Royal Victoria que dans son atelier du pavillon médical de McGill. La journaliste s’émerveille devant l’extraordinaire mémoire d’observation de l’artiste, et note à quel point ce domaine exigeant reflète les stéréotypes liés au genre, tout en les réfutant.

« Il s’agit d’un domaine où les femmes ont été accueillies pratiquement dès le départ, et où elles se démarquent autant, sinon plus que les hommes. »

Illustration médicale réalisée au stylo montrant un crâne ouvert et une partie du cerveau.

Une illustration neurologique de Harriet Blackstock Thomson, démontrant la minutie de son travail.

Mariée au professeur Lesslie Thomson de l’Université McGill dans le début des années 1930, Blackstock poursuit sa carrière même pendant sa première grossesse, et malgré les normes de l’époque. Elle travaille aux côtés de Wilder Penfield à l’Institut-Hôpital neurologique de Montréal jusqu’au milieu des années 1930.

Illustration médicale en noir et blanc d’un crâne, signée et datée en bas à gauche, montée sur du papier journal froissé, avec des notes de publication.

Illustration réalisée par Blackstock en 1930, parue dans une publication de Penfield. La légende explique qu’il s’agit d’une « conception spontanée de l’artiste, présente lors de l’opération ».

Ses illustrations précises donnent vie aux travaux novateurs du docteur Penfield en neurochirurgie. En scrutant celui-ci à l’œuvre des heures durant, l’artiste acquiert une grande maîtrise de l’illustration du cerveau et se voit confier le soin d’observer et de documenter les interventions chirurgicales avec exactitude. C’est elle qui illustrera les découvertes de Penfield en vue de leur publication, période qu’elle considèrera comme un point culminant de sa carrière.

 

 

Illustration médicale en noir et blanc d'une coupe transversale de la tête, réalisée au crayon.

Dessin réalisé au stylo par Blackstock durant sa collaboration avec le Dr Penfield à l’Hôpital neurologique de Montréal.