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Un style artistique forgé par la science

C’est en travaillant dans les salles d’opération que la vision artistique de Nan Lawson prend forme. Elle dessine au fusain sur du papier à base de craie, grattant la surface pour reproduire les détails, et ajoute de l’aquarelle et du crayon pour rendre la couleur. Lorsqu’elle crée ses études miniatures, elle teinte de pâles impressions photographiques en les observant au microscope, un processus exigeant qui démontre bien son degré de patience et de minutie.

Dessin en noir et blanc illustrant les organes internes. Chaque organe est identifié, et une signature et la date figurent à gauche.

Illustration représentant les organes internes, réalisée par Nan Lawson, 1923.

Son sens de la rigueur se prolonge dans ses œuvres peintes. Des critiques notent en 1929 « ses formes franches et ses contrastes marqués » , louant sa capacité à éliminer le superflu pour cerner l’essentiel. Cette esthétique était manifestement le fruit de son expérience en illustration médicale, où privilégier la clarté était la règle d’or.

Illustration médicale en couleur d'une gorge maintenue ouverte par une pince pendant d'une chirurgie. Au bas de la gorge, une incision trachéotomique.

Illustration réalisée par Nan Lawson, parue dans le Journal of Laryngology and Otology, 1934.

Bien qu’elle ait dit préférer « peindre ce que je vois, pas ce que le spectateur veut voir », Lawson évolue de façon harmonieuse entre la médecine et l’art. Elle étudie avec J.W. Beatty, Franklin Brownell, Lilias Torrance Newton, Aldro Hibbard et Alexandre Jacovleff, ce qui lui permet d’échanger avec certains des plus importants artistes en Amérique du Nord. Elle suit aussi une formation avec Edwin Holgate à l’École des beaux-arts de Montréal. Ses amitiés l’entrainent au cœur du milieu artistique canadien. En 1927, Nan fait la rencontre d’Emily Carr. Les deux femmes vont voyager ensemble pendant plusieurs années, et le portrait de Carr réalisé par Lawson est désormais exposé à la Galerie nationale du Canada. Elle fréquente également les membres du Groupe des sept Lawren Harris et Jock MacDonald.

Photo en noir et blanc d'une femme peignant en plein air à l'entrée d'un pont suspendu, au milieu d'un paysage montagneux.

Nan Lawson peignant en plein air, The Province, 22 avril 1950.

Nan Lawson a été l’une des rares artistes à exposer en tant qu’œuvres d’art autant ses paysages que ses illustrations médicales. Elle a présenté à la University of British Columbia’s Fine Arts Gallery des diagrammes chirurgicaux aux côtés de ses tableaux, revendiquant leur valeur artistique équivalente.

En 1961, Lawson comptait parmi seulement huit artistes en illustration médicale au Canada, cependant, son influence a été plus importante encore. Elle a prêté son regard d’artiste à la précision scientifique, et la rigueur de l’art médical à ses paysages.

Son apport réside non seulement dans les départements qu’elle a contribué à bâtir, mais dans sa façon de prouver que la médecine et l’art, loin d’être mutuellement exclusifs, étaient liés par un langage commun