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La connexion Baltimore : épouser un nouveau type de carrière

En tant que profession, l’illustration médicale requiert à la fois des connaissances scientifiques et une maitrise artistique, atouts que plusieurs Montréalaises éduquées possèdent déjà. La discipline englobe précision, technique et collaboration. Et surtout, elle n’est pas encore dominée par des hommes en blouse blanche.

Photo en noir et blanc d'un groupe d'élèves de tous genres, portant des blouses de laboratoire et se tenant en rangs.

Promotion de 1922, Department of Art as Applied to Medicine, École de médecine de l’Université Johns Hopkins

Au cœur de ce domaine prometteur se trouve l’artiste Max Brödel, formé à Leipzig et venu s’installer aux États-Unis dans les années 1890. Il enseigne à l’Université John Hopkins de Baltimore, où il contribue à transformer l’illustration médicale en véritable profession.

Pour Brödel, une illustration réussie ne peut se contenter d’être bien dessinée; elle doit démontrer une compréhension de la science. Son approche, mariant l’étude détaillée de l’anatomie aux techniques des beaux-arts, génère de nouvelles normes d’excellence en illustration médicale.

Page d'album photo noire contenant des notes manuscrites à l'encre blanche et deux images aux tons sépia. Sur celle de gauche, des étudiants en blouse de laboratoire posent avec un squelette; sur celle de droite, quatre femmes en manteaux d'hiver sont assises côte à côte.

Promotion de 1925, Department of Art as Applied to Medicine, École de médecine de l’Université Johns Hopkins

 

En 1911, Brödel met sur pied le Department of Art as Applied to Medicine, proposant la première formation en illustration médicale au monde. Celle-ci attire de nombreux élèves de toute l’Amérique du Nord, dont plusieurs jeunes femmes de Montréal.

Coupure de journal en noir et blanc, recadrée.

Mention dans la chronique mondaine du journal Montreal Star, 21 janvier 1925

 

À une ère où l’accès en médecine leur est très restreint, le programme offre à ces femmes une nouvelle avenue : la chance d’œuvrer en médecine sans devoir devenir médecin.

Une fois formées par Brödel, celles-ci ramènent leur expertise à Montréal, où les hôpitaux enseignants de McGill sont en pleine expansion. Les départements de pathologie sont en manque d’illustrations pour les manuels d’enseignement, les cours et les publications scientifiques. La demande explose, et ces femmes sont fines prêtes à y répondre.

Photographie aux tons sépia présentant un bâtiment d’hôpital du XIXe siècle avec une extension plus contemporaine à l'arrière.

Hôpital général de Montréal et pavillon de pathologie, vers 1914

 

Ce qu’elles ont appris à Baltimore va engendrer une petite révolution dans le milieu médical canadien : des femmes qui s’intègrent dans les hôpitaux non pas comme patientes ou infirmières, mais comme spécialistes possédant leur propre expertise.

Ces femmes vont contribuer à définir la façon dont la médecine sera perçue, comprise et documentée.