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Pauline M. Larivière et Hester Thom, artistes de renommée mondiale

Qu’est-ce qui attirait les artistes vers le domaine médical? Les trajectoires distinctes des Montréalaises Pauline M. Larivière et Hester Thom (1896-1984) le révèlent. Le parcours de ces deux artistes, reconnues pour leur audace et leur rigueur, démontre à quel point l’illustration médicale permettait aux esprits créatifs de s’épanouir au début du XXe siècle.

Photo en noir et blanc de huit élèves posant en deux rangées, vêtus de blouses de laboratoire.

Hester Thom, troisième à partir de la gauche, promotion de 1931, département d’Art as Applied to Medicine de la Johns Hopkins University School of Medicine.

 

Les deux femmes entreprennent leur formation artistique à l’École des beaux-arts de Montréal dans les années 1920. Pauline Larivière fait son apprentissage auprès d’artistes de renom, tels qu’Adam Sherriff Scott et Louis Muhlstock. Voulant approfondir sa compréhension de l’anatomie pour l’illustration médicale, elle obtient son diplôme d’infirmière de la St. Mary’s Hospital School of Nursing en 1930.

Hester Thom, pour sa part, travaille comme bénévole dans un hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, puis continue ses études à l’Ontario College of Art. Elle s’y fait remarquer pour ses dessins figuratifs et ses natures mortes. Leur formation les dote d’une grande capacité d’observation, d’aptitudes techniques et de discipline, qualités essentielles à l’illustration médicale.

Photo en noir et blanc de sept élèves posant côte à côte, appuyés contre un bâtiment et portant des blouses de laboratoire.

Pauline Larivière, quatrième à partir de la gauche, promotion de 1930, département d’Art as Applied to Medicine de la Johns Hopkins University School of Medicine.

 

L’illustration médicale émerge au début des années 1930 en tant que carrière peu commune et valorisante pour des femmes éduquées de la classe moyenne ou supérieure qui s’intéressent à la science et à l’art. Échappant aux conventions sociales d’avant-guerre, certaines femmes douées, dont Pauline Larivière et Hester Thom, vont pouvoir suivre une formation avancée. Toutes deux partent étudier au département d’Art as Applied to Medicine de la Johns Hopkins University.

À l’université Hopkins, Pauline et Hester apprennent à maitriser la technique de la poudre de carbone, méthode très utilisée en illustration médicale au début du XXe siècle. Il s’agit d’appliquer au pinceau de fines couches de poudre de carbone sur un support spécialisé, nommé « Ross Board ». Ce procédé permet de créer des dégradés subtils et de reproduire les tissus vivants avec une précision étonnante. Les illustrations des deux femmes ne se contentent pas d’être exactes : elles guident le regard vers ce qui importe.

 

Illustration en noir et blanc d'une section transversale du cerveau.

Dessin à la poudre de carbone réalisé par Hester Thom, représentant le schéma d’une fistule artérioveineuse carotide caverneuse de type A. Les flèches indiquent le sang artériel s’écoulant d’une brèche dans la paroi artérielle vers le sinus caverneux et les veines ophtalmiques.

 

Si ces études avancées leur ouvrent des portes par-delà les frontières, les contrats de pigiste demeurent peu prévisibles. Pauline Larivière rentre à Montréal pour y diriger le département d’Art as Applied to Medicine de l’Université McGill de 1932 à 1935. Lorsque le financement du département prend fin, elle poursuit son travail de façon indépendante. Les deux femmes travailleront à Édimbourg auprès du célèbre neurochirurgien Norman Dott. Thom sera son artiste attitrée de 1936 à 1939, tandis que Larivière commencera après la guerre.

À l’époque, les références et les recommandations personnelles favorisent souvent l’obtention d’un emploi plus que les démarches officielles. Dans une lettre adressée au Dr Dott, Hester Thom recommande Pauline Larivière de façon ambivalente, soulignant sa force de caractère. C’est elle qu’il choisira pour le poste.

La collaboration de ces deux artistes avec le Dr Norman Dott démontre la reconnaissance internationale de leurs compétences, tandis que leurs débuts professionnels reflètent la demande élevée en illustrations médicales de qualité au début du XXe siècle.

Croquis en noir et blanc d'une colonne vertébrale avec une vertèbre isolée à côté. En bas à droite, la signature stylisée de Pauline Larivière, 1941.

Dessin à la poudre de carbone réalisé par Pauline Larivière alors qu’elle travaillait à titre d’artiste attitrée du Dr Norman Dott.