Un domaine dépourvu de structure
Au début du XXe siècle, la majorité des artistes en illustration médicale travaillent de façon isolée, soit dans les sous-sols des hôpitaux, les départements universitaires ou dans leurs studios indépendants. Faute de réseaux formels, ils ne peuvent partager leurs idées ni promouvoir leur métier de façon efficace. Les femmes illustratrices font face à un obstacle supplémentaire : les offres d’emploi sont souvent attribuées officieusement, et elles sont peu reconnues professionnellement.
La situation est particulièrement déplorable au Canada. Le seul département d’art médical permanent se trouvant à la faculté de médecine de l’Université de Toronto, les autres facultés se contentent d’images désuètes ou mal dessinées. Les établissements prétextent ne pas pouvoir payer des artistes-illustrateurs à temps plein, mais cette excuse sonne faux chez plusieurs professionnels, dont Eleanor Sweezey, qui met en doute la qualité de l’enseignement médical en l’absence de matériel visuel précis et à jour.
En 1944, un rassemblement d’artistes américains et canadiens a lieu à l’University of Illinois Medical School de Chicago.
Parrainé par Tom Jones, qui y travaille et qui sera le premier président de l’Association of Medical Illustrators, le groupe inclut Muriel McLatchie, du Massachusetts General, elle-même très impliquée dans la promotion. Un comité de cinq membres, nommé Nucleus Committee, est formé pour rédiger la constitution de la nouvelle association. Maria Wishart, une illustratrice de Toronto, en fait partie.
C’est la première fois que des illustrateurs médicaux de toute l’Amérique du Nord s’unissent et s’organisent, et les femmes y ont leur place dès le début.


